Archive

Posts Tagged ‘affaires étrangères’

MAM, démobilisée à 100%

27 février 2011 Laisser un commentaire

Elle se sera accrochée jusqu’au bout, mettant autant d’énergie à se maintenir qu’elle était prête à en mettre pour soutenir le régime de son ami Ben Ali. Mais ça y est, remplacée par un Juppé en embuscade pour qui les erreurs de sa confrère sont une aubaine inespérée, MAM n’est plus qu’un mauvais souvenir.

Ca y est : la diplomatie Pashmina et couleurs pastel a rendu son dernier souffle.

Il faut dire qu’elle aura lutté jusqu’au bout, notre ex-ministre, nous offrant quelques épisodes risibles, s’il n’en étaient pas pathétiques.

La veille de son limogeage, cette dernière, envoyée loin de la tourmente au Koweït, affirmait ainsi être « mobilisée à 100% », montrant ainsi autant de clairvoyance dans les dernières heures que son ami Ben Ali ou l’ami de son mari Kadhafi.

Mais la pantomime a quand même culminé avec cet article du Figaro, en date du 26/02 affirmant que si Sarko avait pris sa décision, le plus difficile restait à faire pour lui : annoncer la nouvelle à sa ministre, qui ne comprenait toujours pas ce qu’on lui reprochait.

Reste le plus dur pour le chef de l’Etat : annoncer à Michèle Alliot-Marie qu’elle doit quitter le gouvernement. Et décider si son compagnon, Patrick Ollier, doit lui aussi quitter le ministère des Relations avec le Parlement. «Elle n’est pas du tout dans cette disposition d’esprit. Elle ne comprend pas ce qu’on lui reproche, et elle se considère victime d’une cabale», confiait hier un ministre.

Comme quoi, MAM, à trop fréquenter les lignes privées d’amis de dictateurs, a fini par raisonner comme eux, adoptant la même ligne de défenses qu’un Moubarak ou un Ben Ali, chassés par leurs peuples. Il faut dire à la décharge de cette dernière que Woerth ne fut pas plus réaliste qu’elle, affirmant jusqu’à la veille du remaniement de novembre à qui voulait bien l’entendre que Sarko lui aurait promis un maroquin.

Mais la cécité semble être héréditaire chez les MAM. Ainsi, le propre père de la ministre n’a pas hésité, à plus de 90 ans, à voler au secours de sa fille – la famille, c’est sacré chez les MAM – déclarant sur RTL qu’il ne voyait « absolument aucune faute à reprocher » à sa fille. Soutien plus embarrassant qu’utile, les achats immobiliers en Tunisie de son père ayant largement contribué à la chute de MAM.

«TIENS BON ! Tes amis sont avec toi. N. S.»

A son corps défendant, il faut toutefois avouer que MAM fut aussi victime de l’inconstance de Nicolas Sarkozy qui lui adressait le 16 février dernier un mot de soutien en plein conseil des ministres. Ce mot, MAM s’y accrochait jusqu’au bout, le montrant à ses visiteurs quelques jours avant son limogeage. Las, il ne fallut à Nicolas Sarkozy que 10 jours pour se dédire et à cette démonstration publique de soutien pour se transformer en baiser de la mort pour la ministre déjà exsangue. Ironie du sort, 10 jours c’est à peu près ce qu’il fallut aux peuples tunisien et égyptien pour se débarrasser de leurs monarques fossilisés. MAM, désormais 100% démobilisée, aura tout le temps de méditer sur l’impermanence des choses et l’inconstance des hommes avec ses amis exilés.

Mais avec Juppé – mis en cause pour avoir bénéficié et fait bénéficier à son fils d’appartements de la Mairie de Paris à bon compte et condamné dans les affaires de financement occulte du RPR – à la place de MAM, c’est le crime remplaçant l’incompétence aux Affaires Etrangères.

Ainsi vont les choses dans la République Irréprochable de Nicolas Sarkozy.

Publicités

MAM, Dégage !

26 février 2011 Laisser un commentaire

Elle a tout osé : depuis l’offre de soutien « sécuritaire » au régime de Ben Ali, à l’escapade business en famille dans le jet privé d’un homme d’affaires proche du régime tunisien. Les mauvais sondages ont eu raison d’elle. Elle est désormais le maillon faible, que Sarko s’apprête à nous livrer en pâture, pour son dixième remaniement en un peu plus de 3 ans.

Pas de doute : Sarko se bonifie. Alors qu’il lui avait fallu plus de 4 mois pour se débarrasser du peu fréquentable Woerth, il aurait réussi à se séparer de MAM en moins de 2 mois. Comme quoi, plus sa cote de popularité baisse, plus il apprend le métier. Peut-être qu’à des scores proches de ceux du PC, il réussira (enfin) à donner l’illusion.

Mais Sarko restant Sarko, le débarquement de MAM tant attendu fait un peu brouillon. Annoncé hier par la presse, on suit en effet d’heure en heure le remaniement qui se prépare, sans que rien ne se décide. Aux déclarations des uns succèdent le ballet des conseillers à la Lanterne et les pronostics des journalistes. Jamais agonie de ministre n’aura duré aussi longtemps.

Heureusement, MAM, en bon petit soldat gaulliste, continue d’y croire et vient égayer cette longue et roborative séquence par un trait de son désormais légendaire humour : ainsi se dit-elle « à 100% mobilisée » , depuis le Koweït où on l’a envoyée « faire la ministre » sans risquer une quelconque émeute anti-française. Détail qui ne manquera pas de faire sourire de la part d’une ministre, dont on annonce la démission pour le lendemain.

Mais hélas, le « Ben Ali, dégage ! » crié par les populations que MAM survolait en avion et en famille à Noël semble être revenu en boomerang à la face de notre très martiale ministre. Et c’est désormais un « MAM dégage » que semblent lui signifier ses amis d’hier (Sarko le premier qui lui avait fait passer un mot de soutien en plein conseil des ministres).

Plus que quelques heures donc pour celle qui a théorisé son rôle avec le désormais célèbre : « Quand je suis en vacances, je ne suis pas ministre des affaires étrangères. » Est-ce à dire que n’étant plus ministre, MAM prendra des vacances ? Dommage alors que son ami le voyagiste tunisien n’ait plus guère le vent en poupe et que la villa achetée par ses parents et qui faisait partie d’un des projets phare de Ben Ali risque fort de rester au stade de plans. Comme la carrière de MAM ?