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Sarko, héros de « Potiche » malgré lui

14 novembre 2010 Laisser un commentaire

François Ozon a glissé quelques références à Sarko dans son dernier film « Potiche ».

Sortie cette semaine du dernier film d’Ozon, « Potiche » qui voit Catherine Deneuve en grande forme jouer une femme bourgeoise qui sort de sa prison dorée pour prendre sa revanche sur son mari et la société.

Fabrice Luchini y interprète le rôle de son mari, patron d’une usine de parapluies, homme médiocre, rétrograde et irascible. Dans la bouche duquel Ozon s’est plu à glisser quelques répliques cultes de la geste sarkozienne, de « Travailler plus pour gagner plus », à « Casse-toi pauv’con ».

On a la postérité que l’on mérite.

L’affaire Woerth-Bettencourt ou la faillite du contrat social sarkozyste

10 juillet 2010 1 commentaire

Ce que cache vraiment l’affaire Woerth-Bettencourt et pourquoi elle est explosive.

Le programme de Nicolas Sarkozy en 2007 était simple : le bouclier fiscal pour les très riches, le « Travailler Plus pour Gagner Plus » pour le plus grand nombre. Les français, vaguement conscients de l’injustice sociale que représentait le bouclier fiscal, prenaient le parti d’accepter ce dernier en échange de jours meilleurs sur le terrain du pouvoir d’achat promis par le candidat Sarkozy.

Un contrat social était passé entre le candidat-Président et ses électeurs : en échange d’avantages pour les très riches, le niveau de vie du plus grand nombre s’élèverait. Ensemble, tout devenait possible comme le disait le slogan du candidat.

Trois ans plus tard, le bouclier fiscal tient toujours, malgré les critiques de l’opposition, la crise financière et le besoin criant de trouver des nouvelles ressources budgétaires. Le Président semble même s’y accrocher dans un mouvement aussi désespéré qu’inhabile politiquement.

A l’inverse, la promesse d’augmentation du pouvoir d’achat pour tous s’est lamentablement échouée sur les rivages de la crise financière. Et, les français voient leur horizon s’obscurcir, entre augmentation inéluctable des impôts et baisse annoncée des prestations sociales.

Mieux, la majorité vient d’élaborer un plan pour les retraites qui préserve les avantages des retraités (un réservoir stratégique de voix pour Nicolas Sarkozy en 2007) et des plus aisés (une part importante des contributions de campagne de Nicolas Sarkozy) et refuse de taxer le capital, tout en faisant porter l’essentiel des efforts sur les actifs, qui devront travailler plus longtemps, sans être sûrs de voir le niveau de leur retraite garanti.

En somme, un « Travailler Plus pour Gagner Moins » pour la majorité des français.

Les riches gardent leur bouclier fiscal, les autres n’ont qu’à s’en procurer un en prévision des tempêtes qui s’annoncent.

C’est dans ce contexte que surgit l’affaire Bettencourt. Et qu’une lumière crue est jetée sur ces deux tendances antagonistes : tandis que Mme Bettencourt se fait rembourser par le fisc 30 millions d’euros sur ses impôts, les français voient leur Ministre-Trésorier- Epoux de la gestionnaire de Mme Bettencourt leur présenter une réforme qui – bien que rendue nécessaire par le poids de la démographie – signe pour l’immense majorité d’entre eux la fin de ce qu’ils considéraient comme avantages acquis.

C’est cette flagrante injustice qui éclate au grand jour dans cette affaire : la protection des avantages de quelques-uns au détriment de l’intérêt du plus grand nombre.

C’est la faillite du contrat social sarkozyste que l’affaire Bettencourt, par un raccourci dont l’histoire a le secret, illustre mieux que tout.

Quoiqu’en dise la droite, il n’y a rien de fasciste ni de violent aux révélations de Mediapart, c’est l’injustice que cette affaire illustre qui est violente.