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2010, le nouveau Mai ’68 de la Droite ?

29 août 2010 Laisser un commentaire

Chienlit_Sarko

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Rapports bidon : le grand retour de Xavière

1 juillet 2010 2 commentaires

Xavière Tiberi semble bel et bien de retour sur la scène nationale.

On se souvient du désopilant sinon affligeant rapport de Christine Boutin sur la mondialisation, il faudra désormais compter avec le rapport de Philippe Pemezec, ancien maire du Plessis-Robinson et ami de Sarko sur l’accession sociale à la propriété. Ce dernier a en effet été embauché sur ordre du Président par Christine Boutin (pour sa connaissance des dossiers bidons ? voir suite du billet) alors qu’elle était ministre du Travail et que l’infortuné Pemezec venait d’être déclaré inéligible pour financement illégal de sa campagne électorale.

Jusque là, rien de très nouveau en Sarkozie, sauf que contrairement à la Boutin, pénétrée de l’importance de sa mission – comme Jeanne d’Arc des voix du Seigneur – le protégé de Sarko a plutôt pris sa mission à la légère, se contentant de plagier des études déjà existantes – pour 5 500 euros net tout de même.

Ainsi, en Novembre 2009 livre-t-il une note sur les « contraintes et dangers de la loi Dalo » de deux pages, dont trois paragraphes reprenant mot pour mot un discours de Boutin, le reste étant fidèlement pompé d’un rapport du ministère.

Mais Pemezec de s’encanailler et de rendre un mois plus tard un rapport de cinq pages, dont les deux premières sont la traduction littérale d’une étude anglaise, et les deux suivantes pompées d’un rapport d’une association écologique.

Le Pemezec aurait bien continué de pomper, si n’était apparu Benoist Apparu (le jeu de mots est facile), remplaçant de Mme Boutin au poste de sous-ministre du Logement. Ce dernier, conscient des risques juridiques que faisait courir le pompeur fou et bien plus regardant que la Boutin sur ces affaires, a en effet pris la décision de se priver des services de Mr Pemezec, qui terminera sa mission le 30 juin 2010.

Pour Philippe, c’est adieu veaux, vaches et cochons…Christine avait raison, les vraies valeurs chrétiennes se perdent !

Faut-il sauver ou supprimer le soldat Woerth ?

30 juin 2010 4 commentaires

Alors que des voix commencent à se faire entendre à droite, comme celles d’Alain Juppé, de Dominique de Villepin et de Christine Lagarde, reconnaissant à mi-mot le conflit d’intérêt lié à la double casquette d’Eric Woerth en tant que conseiller de l’UMP et ministre du Budget, Le Canard revient dans sa livraison de ce matin sur d’autres affaires troublantes impliquant Eric Woerth, chargeant par la même occasion une barque déjà lourde.

Dans la famille « emplois fictifs et conflits d’intérêt », on apprend qu’un certain Eric Le Moyne de Sérigny, aristocrate proche d’Eric Woerth, a été nommé au ministère du Budget, avec le titre ronflant de « Conseiller en charge des relations avec le monde économique auprès du ministre », sans qu’aucune annonce ne soit faite au Journal Officiel. Ce même Moyne de Sérigny a ensuite suivi son patron au ministère du Travail, sans que ces attributions y soient plus claires. On peut se demander quel intérêt il y avait à transférer notre aristocrate bon teint au ministère du Travail ?

Tout s’éclaire quand on apprend que ce dernier joue un rôle essentiel dans la seconde vie d’Eric Woerth, celle où notre ministre est trésorier de l’UMP : il est en effet responsable du « Premier Cercle », les donateurs « VIP » de l’UMP (ceux qui ont versé plus de 3 000 euros au parti de Sarkozy). Et est même décrit par un financier contributeur de l’UMP comme « l’homme orchestre qui s’occupe de mettre les industriels en relation avec le ministre (trésorier) ». Le tout au frais du contribuable, mais passons. On notera aussi avec intérêt que Mr de Sérigny exerçait en même temps que son passage au ministère du budget des fonctions chez un gestionnaire de fortune… Histoire de faire profiter à ses clients de clémence fiscale, ou leur proposer des donations à l’UMP – déductibles des impôts ?

Dans la famille « conflit d’intérêt », Le Canard, cruel, continue et se penche sur le passé de Mr Woerth. Ce dernier avait commencé sa carrière politique à l’Agence de Développement de l’Oise (ADO), sous les bons auspices du RPR Jean-François Mancel, alors Président du conseil général de l’Oise, gestion pour laquelle ce dernier fut plus tard condamné pour « prise illégale d’intérêt » (mais c’est une autre affaire). A peine arrivé, Eric Woerth s’adjoint-il à son poste les services de la très fameuse Yvonne Casetta, célèbre « banquière » de la Chiraquie des années 80 et 90, qui fut plus tard condamnée en correctionnelle dans l’affaire des marchés publics d’Ile de France à 20 mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende pour complicité et recel de corruption.

Mais Eric Woerth réalise d’autres prouesses à ce poste, à commencer par s’augmenter de 44% en 1992, et s’attribuer une voiture de fonction. Enfin, il fait régler par l’agence des frais d’avocat pour un litige qui suivant les magistrats qui auditeront la gestion de l’ADO « n’avait qu’un caractère personnel », des honoraires illégaux au directeur adjoint du département, les énormes dépenses liées aux voyages à l’étranger de Jean-François Mancel, ainsi que des déjeuners dans de ruineux restaurants parisiens. Son fait d’armes restant toutefois l’attribution de marchés publics à une société proche des affaires personnelles de son parrain Mancel – affaire pour laquelle ce dernier sera condamné.

Enfin, et là nous sommes en plein conflit d’intérêt, Mr Woerth commande à ce poste des études diverses et variées, comme celle sur « les comportements face à la brosse à cheveux » ou encore celle sur la « revalorisation des déchets et rebuts de pomme », sans compter une étude qui sera jugée de qualité médiocre par les magistrats mais avait au moins le bon goût d’avoir été commandé à l’ex-employeur du futur ministre !

Enfin, le tableau ne serait pas complet sans mentionner la réservation de 10 places faite par le futur ministre (à 300 euros la place, payées par le contribuable) pour un « dîner pour la France », organisé pour la campagne de 1988 de Jacques Chirac.

Last but not least, notre ministre proche des très riches et puissants, doit désormais compter avec une autre affaire : la succession Wildenstein, opposant une riche veuve à ses fils. Dans cette affaire, une grande partie de la fortune du défunt Wildenstein avait été dissimulé dans des paradis fiscaux, cachée à la veuve mais avec l’aval des fils. Or, malgré les avertissements au fisc des avocats de la veuve, aucun contrôle n’a été déclenché, alors que Woerth menait une guerre qu’on nous disait sans merci contre l’évasion fiscale. Etrange, mais bien moins étonnant lorsqu’on apprend que le cadet des Wildenstein, auquel bénéficiaient ces montages, se trouve être un membre fondateur de l’UMP, un habitué des courses de Chantilly (dont Mr Woerth est maire), un « ami » de Sarkozy, et fut en 2007 – pompeusement – le « délégué de l’UMP pour la côte Est des Etats-Unis ». Si l’ensemble s’éclaircit, c’est la barque du soldat Woerth qui apparaît de plus en plus chargée.

Alors, Monsieur le Président, peut-on encore sauver le soldat Woerth ?

Affaire Bettencourt : Woerth s’emmêle les casquettes

27 juin 2010 2 commentaires

Ce qui avait débuté comme une sordide affaire de famille et de gros sous est en train de se transformer en affaire d’Etat, impliquant le ministre le plus en vue du moment, Eric Woerth, en charge de l’explosive réforme des retraites dont on imagine que ce dernier se serait bien passé d’un tel scandale en ce moment.

Depuis la semaine dernière, le procès entre sa fille et l’héritière de L’Oréal, Liliane Bettencourt est en effet devenu affaire d’Etat, après la publication par le site Mediapart d’enregistrements effectués à l’insu de l’héritière par son (fidèle) maître d’hôtel. L’affaire Bettencourt quittait définitivement les pages « people » pour les pages « politique ». Et une sordide affaire de gros sous opposant une mère soupçonnée de ne plus trop avoir toutes ses facultés à sa fille bien déterminée à récupérer sa part du magot du géant mondial des cosmétiques menaçait de faire tanguer violemment le gouvernement (la majeure partie de la fortune de Liliane Bettencourt provient d’actions L’Oréal, société fondée par son père Eugène Schueller, grand industriel qui n’eut pas de trop de ses connaissances en maquillage pour dissimuler à la Libération ses sombres accointances avec des groupuscules d’extrême-droite pendant la Guerre).

Que ressort-il de ces écoutes ? Que Liliane Bettencourt a au mieux perdu le fil de ses affaires, au pire vit sous l’emprise de son entourage qui met autant d’énergie à servir la vieille femme qu’à s’en servir.

Mais le plus dérangeant est le mélange des genres que révèlent ces écoutes : Florence Woerth, la femme du ministre, était jusqu’à sa démission la semaine dernière, employée par la structure qui gérait les avoirs de Mme Bettencourt, et aurait – d’après le conseiller de Mme Bettencourt – été embauchée à la demande du ministre Woerth lui-même, alors ministre du Budget et trésorier de l’UMP. On apprend ensuite que Liliane Bettencourt possède des avoirs à l’étranger (des comptes en Suisse, une île aux Seychelles…), participant – bien malgré elle certainement – à l’évasion fiscale que le mari de Mme Woerth se faisait fort d’éradiquer lors de son passage au budget (on se souvient de sa fameuse liste d’évadés fiscaux). On ne peut pas imaginer plus gros comme conflit d’intérêt au sein du couple Woerth: Florence employée de la structure orchestrant la fraude fiscale, Eric de son côté faisant semblant de chasser la fraude de l’employeur de sa femme. Le tableau n’est toutefois pas complet si l’on ne mentionne pas que Patrice de Maistre, le fielleux conseiller de Mme Bettencourt (qui rêvait que Liliane lui offrît un voilier), reçut la Légion d’Honneur des mains…d’Eric Woerth en 2008. Un ministre décorant le patron de sa femme, c’est assez « république bananière ». Dans le contexte des fonctions de Mme Woerth et des acrobaties fiscales de l’employeur de la femme du ministre, voilà qui a encore plus de piquant et qui mène à se poser la question d’une éventuelle dette du ministre envers le conseiller. Voilà pour la casquette de ministre du Budget d’Eric Woerth.

La seconde casquette d’Eric Woerth – celle de trésorier de l’UMP – pose encore plus de problèmes : il est en effet fait état dans ces retranscriptions de participation de Liliane Bettencourt aux campagnes de Valérie Pécresse, de Nicolas Sarkozy et …d’Eric Woerth lui-même. Là encore, ressurgit le conflit d’intérêt dans toute sa splendeur : Eric Woerth – le trésorier de l’UMP – n’aurait-il pas été tenté pour sécuriser l’apport de fonds que représentait Liliane Bettencourt de limiter les ardeurs d’Eric Woerth le ministre du budget dans l’étude des irrégularités du dossier fiscal de l’héritière de l’Oréal ?

Enfin, et ce sera un argument contre ceux qui prétendent que la justice est indépendante en France, on est surpris de voir que c’est Patrick Ouart – le conseiller pour les affaires juridiques de l’Elysée – qui annonce, plusieurs semaines avant le jugement, la décision de justice au conseiller de Liliane Bettencourt de classer l’affaire opposant Mme Bettencourt à sa fille. Mais personne ne semble s’être inquiété de cette entorse à la séparation des pouvoirs…tant il est vrai qu’il y avait déjà tant à faire sur d’autres fronts.

Chacun de ces éléments pris séparément aurait suffi dans n’importe quelle démocratie digne de ce nom à faire sauter ledit ministre, si ce n’est le gouvernement. Point sous nos cieux, où l’on a fait démissionner la pauvre Florence Woerth – tout en hurlant de l’autre côté à l’atteinte aux droits d’une femme de ministre de mener carrière ! – et où la Droite est montée au créneau pour défendre le soldat Woerth, criant à l’unisson au complot, Fillon, pourtant peu enclin à la surenchère verbale allant même jusqu’à accuser les « chiens » de sinistre mémoire (terme qu’avait utilisé Mitterrand pour désigner les journalistes après la mort de Pierre Bérégovoy). Notre omniprésident, lui, de rester silencieux, trop occupé qu’il était à soigner les blessures narcissiques du multi-millionnaire Thierry Henry, à convoquer des Etats Généraux du Football Français et à organiser une aussi incompréhensible que brève visite à la cité des 4000 à La Courneuve.

Conflits d’intérêts, évasion fiscale, attribution douteuse de décorations…Ainsi va la vie politique, à Brazzaville-sur-Seine sous le règne de Nicolas Sarkozy, lui qui il n’y a pas si longtemps nous déclarait vouloir une « République irréprochable » (video).