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Voyages et comm’, les casseroles de l’Elysée d’après la Cour des Comptes

19 juillet 2010 Laisser un commentaire

Après avoir poliment accepté de décaler la publication du rapport sur les comptes de l’Elysée pour ne pas indisposer le chef de l’Etat avant son passage sur France2, la Cour des Comptes a finalement rendu son rapport. Où l’on apprend que les frais de déplacement du chef de l’Etat représentent près d’un cinquième du budget total et que les dépenses de communication de l’Elysée explosent. Revue de détail.

Rapport Cour des Comptes budget Elysée

C’est la conclusion du rapport sur le budget de l’Elysée rendu par la Cour des Comptes: la tenue du budget s’améliore – le contraire eût fait désordre en ces temps de crise et dans la foulée de la très sévère lettre de Sarko à ses ministres.

Autre point de satisfaction: la pratique des sondages achetés par l’Elysée à la société d’un des conseillers de l’ombre de Sarko, et communiqués tels quels à des media amis – LCI et TF1 en premier chef – semble révolue (ou continue sous une forme plus discrète dans un autre service de l’Etat…).

Mais c’est sur le budget « voyages » que la Cour trouve le plus à redire. Elle note que ce budget s’est envolé en 2009, passant de 14 millions d’euros en 2008 à 19,7 millions d’euros en 2009, soit 19% des charges (14,5% en 2008). La faute notamment à une tendance certaine à l’inflation des délégations. Ainsi, lors d’un déplacement de deux heures et demi dans l’Ain, le Président était-il accompagné de 68 personnes (coût : 128 000 euros).

A New-York, la délégation était de…131 personnes. Le tout pour un coût de 1 114 000 euros. Les deux jours au G20 de Pittsburg ont quant à eux coûté 592 442 euros.

Quant aux coûts de communication, ils doublent, passant de 465.000 euros en 2008 à un million en 2009. La faute à Internet exigeant de plus en plus de « contenu », à une pratique du « storytelling » de plus en plus élaborée et l’approche de 2012.

Ainsi, la Cour cite l’exemple d’un déplacement pour lequel un gymnase a dû être ré-aménagé pour le discours présidentiel (création d’un fonds de scène, moquettage de l’estrade, escalier d’accès, sonorisation) , le tout pour un coût de 17 000 euros !

À New York, le chef du protocole a changé de salle pour les entretiens bilatéraux. Coût du réaménagement et du mobilier : environ 13 000 euros.

Enfin, G20 de Pittsburgh par exemple, du 14 au 25 septembre 2009, la France a jugé « insuffisante » la salle de presse mise à sa disposition et a donc créé la sienne. Coût de l’opération : 25 000 euros de dépenses de location et d’aménagement d’une salle.

Autres sources d’économies proposées par la Cour : les fleurs, dont le budget (297 252 euros) s’est alourdi de 8% et les achats de journaux en kiosque (391 634 euros), qui pourraient être remplacés par des abonnements aux tarifs très préférentiels. On appréciera l’humour (involontaire) de la Cour qui admet que ce changement obligera – hélas – certains collaborateurs recevoir un peu plus tard leur…Figaro quotidien.

Enfin, on notera avec plaisir que Nicolas Sarkozy paie maintenant lui-même (ou rembourse) ses dépenses privées. Qui a dit que nous n’étions pas dans une République Irréprochable ?

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Sarko sur France2: 57% des Français « pas convaincus »

14 juillet 2010 Laisser un commentaire

Malgré tous les efforts déployés par Sarko lors de sa prestation de lundi soir, 57% des Français ne sont « pas convaincus », d’après un sondage CSA-Parisien.

Tout ça pour ça ? Sarko doit s’en retourner dans son bureau de l’Elysée. Ce dernier, malgré toute l’offensive menée par son camp et sa prestation trop préparée pour être honnête, n’aurait en effet convaincu que 57% des Français selon à sondage à paraître aujourd’hui dans le Parisien.

Sur l’affaire Bettencourt en particulier, les résultats sont encore plus mauvais, le président n’ayant convaincu que 62% des personnes interrogées selon le même sondage.

Signe du malaise ambiant, seuls…11% des sympathisants de gauche se disent « convaincus ».

En résumé, il n’y a que parmi sa famille politique que le chef de l’Etat arrive à convaincre, 82% des sympathisants de droite adhérant à ses propos.

Comme quoi, même avec des medias aux ordres, un interviewer peu coriace et un appareil d’Etat tout entier dédié à prouver la bonne foi des personnalités incriminées, les Français sont décidemment difficiles à convaincre !

Sarkozy sur l’affaire Woerth: « Circulez, y a rien à voir, M’sieur Pujadas ! »

13 juillet 2010 2 commentaires

On n’est jamais aussi bien blanchi que par soi-même. Démonstration hier soir sur France2 par un Sarko se posant en victime, devant un David Pujadas peu incisif.

Meilleurs moments sélectionnés par LePost.fr (en 2’15)

Sarkozy : « Trop de casseroles tuent la démocratie »

11 juillet 2010 1 commentaire

On a beau être hyperprésident, on préfère gérer les casseroles au coup par coup. En cause cette fois-ci : le rapport de la Cour des Comptes sur le budget de l’Elysée.

Didier Migaud Rapport budget Elysée Cour des Comptes

Dangereux télescopage d’évènements en cette fin de semaine : la Cour des Comptes devait remettre son rapport sur la gestion du budget de l’Elysée ce vendredi 9 juillet…soit 3 jours avant la remise du rapport tant attendu de l’IGF sur le traitement du dossier fiscal de Mme Bettencourt par Eric Woerth et l’intervention présidentielle sur France 2.

Or, le dernier rapport de la haute juridiction sur les comptes de l’Elysée (voir ici l’allocution de Philippe Séguin) avait valu à l’Elysée quelques problèmes, en pointant de nombreux dysfonctionnements : le coût excessif de la Garden-Party et des déplacements présidentiels, le règlement sur des fonds publics de dépenses personnelles du chef de l’Etat (14 000 euros, soit un peu mieux que les cigares de Christian Blanc) mais surtout le règlement par l’Elysée de sondages qui étaient ensuite transmis au Figaro et LCI (voir l’article du Monde sur le détail de l’affaire).

Chat mouillé craignant l’eau, notre président a donc courageusement et démocratiquement décidé d’après le JDD du 11/07 de…repousser la date de publication du rapport. Ledit rapport sera donc publié le…16 juillet, laissant au président le soin de gérer son interview télévisé et sa prestation du 14 juillet, et au ministre le temps de présenter sa réforme des retraites en conseil des ministres.

Donner du temps au temps, n’est-ce pas là l’ultime privilège du Pouvoir ?

Y a-t-il (encore) un pilote dans l’avion ?

7 juillet 2010 Laisser un commentaire

Après les révélations de l’affaire Woerth, l’Elysée semble avoir de plus en plus de mal à reprendre le contrôle de la situation.

La déflagration produite par l’affaire Woerth a été si puissante qu’elle a tout balayé sur son passage : réforme des retraites, loi sur la burqa, mesure de réduction des déficits…Et l’Elysée ne semble plus en mesure d’imposer l’agenda médiatique au pays.

La réforme des retraites – qui devait être examinée en conseil des ministres mi-juillet – a ainsi été totalement éclipsée. Et plus aucun politique pour débattre des bienfaits réels ou supposés de l’allongement de la durée de travail ou la nécessaire prise en compte de la pénibilité.

De même pour la burqa, qui dans un autre contexte, eût été instrumentalisé par la majorité comme une preuve de sa lutte contre un soi-disant « islamisme rampant » prêt à conquérir la société française. Plus personne de se soucier de cette question.

Oubliées elles aussi, les mesures de réduction des déficits, pourtant exigées par les marchés financiers et que la majorité commençait à nous présenter comme inéluctables.

Face à cette déferlante, les ripostes de l’Elysée ont été jusque-là brouillonnes, trop tardives et inadaptées.

Comment ne pas voir l’effet dévastateur de la volonté de Nicolas Sarkozy de vouloir choisir la date du limogeage de ses ministres fautifs ? Et quel avantage – à part celui de maintenir l’illusion de pouvoir encore dicter sa volonté aux choses – à maintenir ces pauvres hères en sursis au gouvernement, privés de tout réel pouvoir pendant la période estivale ?

Comment croire qu’une circulaire bâclée, envoyée à un premier ministre réduit au simple rang de « collaborateur » puisse faire croire aux Français à une moralisation instantanée de la vie publique ?

Enfin, et le week-end dernier nous l’a prouvé, le président – à vouloir continuer à imposer ses échéances – a même réussi à faire exploser son propre gouvernement, avec la démission à son initiative – quoiqu’en dise l’Elysée – d’Alain Joyandet, qui s’est estimé trahi dans son honneur par les déclarations de Nicolas Sarkozy devant les députés UMP la semaine dernière. Le week-end dernier laisse d’ailleurs Nicolas Sarkozy dans une position encore plus inconfortable que s’il avait décidé d’avancer son remaniement : en effet, nul n’ignore que les deux partants seront inévitablement rejoints par d’autres…menant à deux remaniements au lieu d’un en l’espace de quelques mois.

En vérité, l’exécutif donne l’impression d’avoir perdu la main dans la tourmente et le pays de ressembler à un avion sans pilote.

L’affaire Woerth touche à un sujet explosif en France:  l’argent et ses liens avec le pouvoir et met en lumière la faillite du sarkozysme. En effet, le bouclier fiscal n’était acceptable pour la majorité des électeurs de Nicolas Sarkozy que si la promesse du « Travailler Plus pour Gagner Plus » était tenue. Mais à partir du moment où ce dernier engagement n’est pas respecté, et il ne l’est plus dans le contexte actuel de crise économique, de réduction des dépenses publiques et d’augmentation à venir de la pression fiscale, la politique de Nicolas Sarkozy apparaît comme ce qu’elle est vraiment : une politique de classe, visant à favoriser des clans proches du pouvoir.

Dans ce contexte-là, continuer à adopter l’attitude de la majorité face aux questions de l’opposition sur l’affaire Woerth – c’est-à-dire nier en bloc les accusations, traiter les questions par le mépris et feindre de croire que la soi-disant irréprochabilité de Mr Eric Woerth le place de facto au-dessus de toute question – ne fera qu’envenimer les choses. Ce mépris face aux questions posées s’avérant d’autant plus dangereux qu’il fait écho au mépris que ressentent les classes moyennes et populaires face à leur quotidien.

Il est plus que temps que l’exécutif se ressaisisse, prenne la mesure de la situation et en tire les conclusions qui s’imposent pour tenir l’engagement du candidat Sarkozy d’une « République Irréprochable ». Un « Je vous ai compris » gaullien en quelque sorte. Mais Nicolas Sarkozy en a-t-il la stature ?

732 826 euros pour la Garden-Party de l’Elysée : on ne connaît pas la crise chez les Sarko-Bruni

8 juin 2010 1 commentaire

Visiblement, on ne connaît pas la crise chez les Sarko-Bruni : le coût de la Garden-Party de l’Elysée est passé de 419.213 euros en 2007 à 732.826 euros en 2009, le nombre d’invités passant lui dans le même temps de 5500 à 7500. En pleine crise, le règne des Sarko-Bruni a donc vu une augmentation de plus de 50% des invités et du budget total de la réception, le coût par personne s’établissant à 100 euros en 2009.

Il faut rendre à Sarko ce qui est à Sarko : s’il y a bien quelque chose qu’il a réussi depuis son arrivée sur le trône, c’est bien de faire exploser les coûts et le nombre d’invités de la Garden-Party.

Ces 732 826 euros se décomposent comme suit : 313 618 euros de traiteur, 295 921 euros d’aménagement de tentes, et 43 128 euros de vins et champagne.

C’est ce qui ressort d’un rapport du député René Dosière (PS) qui s’est fait une spécialité de disséquer les comptes de l’Elysée se félicite d’avoir accès aux coûts détaillés de l’évènement.

Maintenant que l’Elysée a montré qu’il pouvait communiquer les coûts détaillés, il ne reste plus qu’à faire le ménage dans toute cette gabegie… Surtout que pour 100 euros par personne, on peut tout à fait voir et être vu dans d’excellentes adresses parisiennes, sans mettre les Français à contribution.

In Bed with Carla


Miracle: la vie fabuleuse de Carla est de retour ! Des tirades inoubliables, du luxe, des grands couturiers, des amants en pagaille, de la philosophie, de l’argent. Bref, une grande série en 3 épisodes à savourer sans limite.