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Archive for novembre 2010

Tout ça pour ça

25 novembre 2010 Laisser un commentaire

Une montagne qui accouche d’une souris, voilà qui résume assez bien l’annonce de la composition du nouveau gouvernement, après  6 mois d’atermoiements de la part du président et d’épreuves de concours de beauté de la part des ministres.

Comme souvent chez Sarko, le remaniement fut annoncé à la va-vite, sans que ce dernier sache vraiment en quoi il allait consister. Mais qu’importe, l’objectif premier du président était comme souvent de faire de la comm’ et d’alléger la pression sur un ministre en charge d’une réforme majeure du quinquennat mais aussi empêtré dans des soupçons de conflits d’intérêt dans l’affaire Bettencourt (sans parler de certaines enveloppes Kraft échangées en 2007).

S’ensuivirent plusieurs mois assez pénibles d’immobilité gouvernementale et de concours de beauté et de danses des sept voiles de la part des ministres et premier-ministrables. Nous eûmes successivement Baroin et les jeunes quadras, MAM (dont la période de grâce fut aussi bref que le passage d’un Rafale), Borloo – que l’alcool aurait pu faire trébucher mais qui finalement fut victime de la pénurie d’essence lors des grèves, et ce malgré une nouvelle coupe de cheveux hautement médiatisée en guise de programme.

Résultat, 6 mois après l’effet d’annonce du président : le même premier-ministre accompagné de ses mêmes « poids-lourds » pour mener ce qu’on essaie de nous faire passer comme une « autre politique ».

Mais aussi des laissés pour compte : les centristes notamment, qui au grand dam de Sarkozy s’agitent pour exister indépendamment de l’UMP et pourraient bien être sources de problème en 2012.

Ce gouvernement marque aussi le grand retour en force du RPR, avec des pointures comme Juppé, MAM, Baroin. On s’étonnera au passage que personne en France ne se soit ému du retour aux affaires de Mr Juppé, condamné dans l’affaire des emplois fictifs du RPR. La République Irréprochable du candidat Sarkozy se révèle être une notion à géométrie de plus en plus variable au fur et à mesure que 2012 se rapproche.

Autre promesse du candidat tombée aux oubliettes : la discrimination positive. En effet, avec Fillon2, c’est deux gadgets de choix icônes de la discrimination positive que l’on sacrifie : Fadela Amara (dont la famille sera obligée de trouver un autre logement que l’appartement de fonction de cette dernière), et Rama Yade (qui va enfin pouvoir vivre son rêve d’être dans l’opposition et dire tout le mal qu’elle pense de la politique de Sarko).

En échange, Sarko nous gratifie de Jeannette Bougrab – déjà célèbre pour avoir tenté de doubler son salaire à la Halde. Jeannette, c’est l’illustration même de la doctrine Sarko de la récompense de l’excellence et du succès :  battue à plates coutures lors de l’élection législative dans la 18e circonscription de Paris malgré le soutien de personnalités comme David Douillet, Luc Ferry et Alexandre Adler, elle est ensuite nommée au départ de Louis Schweitzer présidente de la Halde, où elle réussit en moins de 7 mois à s’illustrer par le désordre qu’elle fit régner dans l’institution, et par le cinglant désaveu que lui opposa son propre service juridique dans l’affaire – très médiatisée – de la crèche Baby Loup.

On notera aussi d’un côté la disparition du ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale – le félon Besson filant à l’Economie se racheter une conduite – de l’autre le retour remarqué du regroupement familial, Sarko offrant dans sa grande générosité à MAM le plaisir de travailler à côté de son compagnon, Patrick Ollier. Une première en France et peut-être dans le monde dont on ne peut que questionner l’intérêt.

Hélas, ce gouvernement est loin de convaincre : 64 % des Français ne lui font « pas confiance » et 89 % pensent qu’il va poursuivre la politique qui a été menée depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à l’Élysée, en 2007.

Alors, vogue la galère, direction 2012 !

Sarko, héros de « Potiche » malgré lui

14 novembre 2010 Laisser un commentaire

François Ozon a glissé quelques références à Sarko dans son dernier film « Potiche ».

Sortie cette semaine du dernier film d’Ozon, « Potiche » qui voit Catherine Deneuve en grande forme jouer une femme bourgeoise qui sort de sa prison dorée pour prendre sa revanche sur son mari et la société.

Fabrice Luchini y interprète le rôle de son mari, patron d’une usine de parapluies, homme médiocre, rétrograde et irascible. Dans la bouche duquel Ozon s’est plu à glisser quelques répliques cultes de la geste sarkozienne, de « Travailler plus pour gagner plus », à « Casse-toi pauv’con ».

On a la postérité que l’on mérite.

De français, le « problème » devient mondial

13 novembre 2010 Laisser un commentaire

Grand jour pour Sarko qui a pris, après le sommet de Séoul, la tête du G20 pour un an.

Jour de gloire pour notre monarque national : parti simple président français de Paris, Sarko y est revenu maître du monde, à bord de son nouvel « Air Sarko One » et les clés du G20 en poche.

G20 SARKO

Pour filer une métaphore qui a fait parler cette semaine, le « problème » français serait donc devenu mondial. Et la planète entière va découvrir la méthode sarkozyste, subtil mélange de communication à outrance, d’agitation stérile souvent confondue avec du volontarisme, et finalement de désordre généralisé.

Le président – à moins d’un tiers d’opinions positives – compte d’ailleurs sur la séquence internationale qui s’ouvre (la présidence du G20 sera doublée de celle du G8) pour redorer son blason à l’approche de 2012.

La première décision de l’homme du Fouquet’s a été le choix du lieu de la prochaine rencontre du G20, qui se tiendra en 2011 à Cannes, destination bling-bling par excellence. On ne se refait pas…

Ce dernier a inscrit au programme de la présidence française les thèmes suivants : la régulation monétaire, la stabilisation des cours des matières premières et la réforme de la gouvernance des institutions internationales.

Vaste programme déjà jugé trop ambitieux par de nombreux commentateurs, notamment la presse anglo-saxonne, ici le International Herald Tribune :

De plus, les grandes ambitions de Sarko ont généralement explosé sous la pression de leur excès. Son projet d’Union pour la Méditerranée, où la France devait avoir le rôle clé dans une quasi-confédération rassemblant pays arabes et pays de l’Europe du Sud, n’a abouti à rien.

Les motivations de M. Sarkozy sont sans doute un mélange de sincérité et d’ambition, ajoutés à la réalité d’une réélection délicate en 2012.

Quand on voit l’ampleur de la tâche à accomplir, il est en effet facile de douter de la capacité de notre hyperprésident à réformer le système financier international mondial, lui qui nous avait déjà promis d’aller « chercher la croissance avec les dents ». On connaît le résultat.

Air Sarko One : le caprice de Sarkozy à 180 millions d’euros

12 novembre 2010 Laisser un commentaire

Ca y est : le nouveau caprice de Sarko vient d’être livré. Retour sur un caprice à 176 millions d’euros.

176 millions d’euros, c’est ce qu’il en aura coûté pour satisfaire la mégalomanie et soigner les complexes du « problème » de la France.

176 millions d’euros, dont près de 90 millions consacrés à l’intérieur du futur avion présidentiel (détail des coût donné dans  un rapport parlementaire). Une vraie bonne affaire puisque le coût de fonctionnement des voyages présidentiels s’envole : de 4,1 millions d’euros pour 1 400 heures de vol par an pour les précédents appareilsà …10 millions d’euros par an pour une moyenne de 700 heures de vol pour la nouvelle merveille volante. La façon de Nicolas Sarkozy de participer à l’effort national de réduction des déficits.

Pas étonnant que l’Airbus présidentiel, devenu symbole du bling-bling présidentiel (voir le sketch des Guignols ci-dessous) ait déjà pas mal fait parler de lui avant même d’avoir réalisé son premier vol d’essai.

Nous eûmes tout d’abord droit à cette question fondamentale : l’avion présidentiel disposerait-il d’une baignoire sabot pour les ablutions du monarque ?

Cette baignoire sabot fut d’ailleurs à l’origine d’un incident symptomatique des relations de force entre les medias et le président. En effet, un journaliste de RTL fut ainsi contraint de s’excuser après avoir commis un reportage humoristique sur ladite baignoire, reportage vécu comme un crime de lèse-majesté en haut lieu. Un coup de force rarement vu sous la Ve République. Cette affaire fut jugée tellement sensible que c’est Franck Louvrier lui-même, conseiller en communication de son excellence, qui se chargea du sale boulot d’obtenir les excuses.

Il faudra désormais s’y faire : en France, quand on n’écoute pas les journalistes, on les somme de s’excuser. Encore un effort et nous rattraperons Poutine sur ce sujet.

Vinrent ensuite les rumeurs sur la présence à bord d’un four à pizza (sic), ou d’une cafetière à 25 000 euros.

Puis ce fut le tour des humoristes de se déchaîner sur le nouveau jouet qui allait permettre à Sarko de « faire » président. Les Guignols livrèrent un sketch assez réaliste (ci-dessous) où l’on voit Sarko en nouveau beauf bling-bling et Carla à bord d’Air Sarko One en route pour Dubaï dépassant Obama à bord, lui, d’Air Force One. Laurent Gerra sur RTL, à peine plus éloigné de la réalité, imagine quant à lui dans l’avion présidentiel des miroirs dans la chambre à coucher, une cheminée avec peaux de bêtes et …une valise Vuitton pour les codes nucléaires.

Décidément, on n’a pas fini de parler d’Air Sarko One…qu’il faudra songer à rebaptiser quand les français auront  renvoyé Sarko à Neuilly.

Sarko, un président petit par la taille, grand par les oreilles

11 novembre 2010 3 commentaires

On croyait la pratique tombée en désuétude. Il n’en est rien, et les écoutes de journalistes prospèrent sous Sarko.

Ecoutes de Journalistes

A chaque changement de majorité, les nouveaux arrivants promettent de mettre fin à la pratique. Il semblerait que sous Sarko, les écoutes de journalistes au profit du pouvoir ne se soient jamais mieux portées, entre identifications des sources, suspicion de mise en place d’une cellule dédiée et contournement de lois existantes pour faciliter le procédé.

Les écoutes ont commencé avec la comédie de boulevard que fut l’affaire sur les tensions supposées au sein du couple présidentiel. Rachida Dati, soupçonnée d’être à l’origine de ces bruits, a été mise sur écoute, et envisage même de porter plainte à ce tire (voir video à partir de 4’32).

Mais c’est l’affaire Woerth-Bettencourt qui a vraiment relancé le débat sur la mise sous surveillance des journalistes, dans le but d’identifier et de confondre leurs sources – pourtant protégée par une loi de Janvier 2010 à l’initiative de François Fillon. On a ainsi appris que les « fadettes » (relevés téléphoniques) de certains journalistes avaient été demandées aux opérateurs par la DCRI et le procureur Courroye (voir article), en toute illégalité. Le Monde a porté plainte suite à ces actions, sans succès puisque le procureur de Paris, en charge de l’affaire, s’est vu opposer le secret-défense par la DCRI refusant de livrer les détails des éléments recueillis lors des examens des fadettes.

Ecoutes de l'Elysée

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Et il semblerait que l’enquête de la DCRI dans l’affaire Woerth-Bettencourt ne soit que le haut de l’iceberg, Le Canard Enchaîné affirmant dans ses éditions de cette semaine et de la semaine dernière qu’une cellule d’espionnage des journalistes avait été constituée à la DCRI, sur demande de Nicolas Sarkozy lui-même. Dans son édition de cette semaine, l’hebdomadaire va encore plus loin, allant même jusqu’à parler de « conspiration » destinée à simplifier le travail des enquêteurs de la police en passant outre la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS) pour obtenir des renseignements sur les appels passés par les journalistes, par l’intermédiaire des fadettes.

Toujours suivant Le Canard, le secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant aurait ainsi organisé en septembre 2009 une réunion de crise à ce sujet avec des représentants de la DCRI, un membre du cabinet du Premier ministre François Fillon et un conseiller de Nicolas Sarkozy. Deux mois plus tôt, la CNCIS avait rappelé à l’ordre les opérateurs téléphoniques en leur rappelant que son autorisation était indispensable.

Il aurait été décidé lors de cette réunion de faire valoir un « intérêt supérieur de l’Etat » pour se passer d’autorisations, et de contourner par une interprétation audacieuse la loi de 1991 qui ne prévoit cette dérogation que dans certains cas limités d’écoutes ou de surveillance hertziennes.

L’Elysée aurait ensuite nommé en octobre 2009 Hervé Pelletier, un président de la CNCIS plus « accommodant » que le précédent. L’homme surnommé à l’Elysée « Avec lui, jamais de pépin » (sic !) doit une partie de sa carrière à Sarko, qui a notamment appuyé sa candidature à la Cour de Cassation. Sur ordre de l’Elysée, il fait adopter en catimini la nouvelle interprétation de la loi, lors d’un vote technique le 21 janvier 2010. Depuis, la police examine sans autorisation les factures détaillées de téléphone des journalistes, affirme Le Canard. Pure coïncidence, les demandes de transmission des données d’appels des journalistes seraient en augmentation constante depuis deux ans, aux dires d’un porte-parole de France Telecom.

Enfin, la thèse de la surveillance institutionnalisée des journalistes semble être accréditée par une note adressée au Ministère de l’Intérieur à laquelle France Info a pu avoir accès et classée « confidentiel défense » émanant de Matignon rappelant que se procurer directement des factures détaillées auprès des opérateurs de téléphone. Un rappel à la loi qui sonne comme un démenti cinglant envers tous les cadors de la majorité qui proclamaient encore la semaine dernière la main sur le coeur que jamais dans la République Irréprochable de Nicolas Sarkozy de telles pratiques pouvaient avoir lieu.

Villepin, Goncourt de la politique

11 novembre 2010 Laisser un commentaire

On a les opposants que l’on peut. De Gaulle eut son François Mitterrand, Sarkozy a son Villepin. Dernière sortie du meilleur ennemi du président : Nicolas Sarkozy serait le « problème de la France ».

Chacun célèbre les 40 ans de la mort du Général à sa façon. Sarko va lire à Colombey un discours écrit par Guaino, tentant désespérément dans une mise en scène qui n’a trompé que lui à se poser en héritier du gaullisme.

L’autre lance une véritable « blitzkrieg » contre le monarque en place. Un livre, plusieurs interviews, une formule choc, tel sont les armes de Villepin.

L’offensive commence par un livre « L’esprit de Cour », dans lequel Dominique de Villepin critique violemment le mode de gouvernement de Nicolas Sarkozy, lui reprochant notamment d’avilir la fonction présidentielle et de s’entourer d’une cour servile et apeurée. Dans les mots de l’ancien premier ministre :

Il (Nicolas Sarkozy) a fait ainsi prospérer une cour invraisemblable de perroquets apeurés distillant en boucle les mêmes éléments de langage, de flatteurs impénitents, de roseaux plus penchés que pensants qui ne vivent qu’à travers le regard du prince. (…) Nicolas Sarkozy a innové en inventant une cour à son image. Elle a la peur comme moyen, l’argent comme fin et le spectacle médiatique comme théâtre de sa mise en scène narcissique.


Le deuxième volet de l’offensive a consisté en une sortie qui a marqué le week-end, scandalisant l’UMP et forçant les ministres en poste soucieux d’être reconduits à réagir :

Nicolas Sarkozy est aujourd’hui un des problèmes de la France. Il est temps que la parenthèse que nous vivons depuis 2007 soit refermée. Les résultats ne sont pas là, notre pays est amoindri, nous sommes divisés, nos principes sont affectés, et nous devons nous consacrer à l’essentiel.

Succès assurée pour cette tirade anti-Sarko, que l’ex-premier ministre ne s’est pas privé de réitérer au cours de ses apparitions médiatiques ultérieures. La formule restera en tout cas comme une des plus réussies et des plus cinglantes de l’année 2010.

Preuve que Villepin, quoique seul, isolé, et sans parti, n’a rien perdu de sa superbe et reste – du moins en ce qui concerne l’éloquence – le meilleur ennemi de notre monarque.

L’hommage à De Gaulle : Sarko de taille ?

11 novembre 2010 Laisser un commentaire

Sarko a décidément bien  du mal à revêtir les habits présidentiels. Le discours à la mémoire du Général en apporte une preuve supplémentaire.

L’ensemble de la célébration laisse une drôle d’impression : Sarko essaie de « faire » président, mais n’y arrive visiblement pas : gerbe déposée au pas de course, discours lu sans la moindre émotion, hommage au Général se transformant en un réquisitoire pro-domo, servant à justifier pêle-mêle la réforme des retraites, l’hyper-présidence, la régulation financière. Tout au long du discours (texte intégral), le président ne peut d’ailleurs s’empêcher de décocher des sourires déplacés de bateleur de foire. L’impression qu’a été rendu hommage au Général par un nouveau genre de président, mélange contre nature du pizzaiolo et du ravi de la crèche.

Le discours commence bien mal :

Qui ne se souvient, parmi les gens de ma génération, de cette soirée du 9 novembre 1970 où la France apprit que le général de Gaulle venait de mourir ? Il y eut comme une grande stupeur qui saisit le pays tout entier.

Sarko évoque la nuit de la mort du Général. Or, raté Guaino, si ce dernier est bien mort dans la soirée du 9 Novembre, la nouvelle ne fut rendue publique que le …10 Novembre. Ce matin, les journalistes soulignaient la bourde, notant avec une certaine ironie que la date du 9 Novembre avait déjà joué des tours à Sarko qui avait prétendu être allé à Berlin cette date-là avant que ne soit démontré qu’il n’en était rien. Une affabulation de plus, dont la geste sarkozienne est truffée.

Suit une longue évocation de la vie et l’oeuvre politique du Général, que Guaino a cru judicieux – pour faire solennel – de truffer d’imparfaits du subjonctif, que l’on est en droit de douter que ce grand amateur de La Princesse de Clèves et indécrottable fan de Johnny qu’est Nicolas Sarkozy n’ait appréciés à leur juste valeur.

Suit une longue justification par Nicolas Sarkozy de sa politique, par une lecture toute personnelle de l’oeuvre politique du Général.  L’hyperprésidence ? En germe dans les institutions voulues et bâties par le Général. La réforme des retraites ? Un signe de détermination en droite ligne de l’héritage gaulliste. La régulation financière ? Implicite dans la célèbre tirade du Général sur la politique de la France ne se faisant pas à la corbeille de la Bourse.

Captation d’héritage éhontée, digne de François-Marie Banier.

Mais, là où – pour reprendre les termes de Villepin – le « problème de la France » prend toute son ampleur c’est quand ce dernier déclame :

Mais le devoir du Président de la République, responsable devant la Nation, c’est de décider sur le seul critère de l’intérêt général.

Un instant…Oubliée la fête de la victoire au Fouquet’s un soir de mai 2007 ? Oubliés le bouclier fiscal, la politique menée favorable à l’excès aux riches et puissants ? Oubliée la honteuse affaire de népotisme, digne de chefs d’Etat africains, du parachutage de Sarko Junior à l’EPAD ? Oubliées les nominations de proches du président à la tête, qui d’une banque, qui de l’opérateur historique de télécoms ? Oubliée la mise sous tutelle de l’audiovisuel public ? Oubliées l’affaire Woerth-Bettencourt ou encore les écoutes de journalistes ?

L’époque a le président qu’elle mérite. Gageons que De Gaulle, lui, ne méritait pas que lui fût rendu hommage par un tel président.