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Air Sarko One : le caprice de Sarkozy à 180 millions d’euros

12 novembre 2010 Laisser un commentaire

Ca y est : le nouveau caprice de Sarko vient d’être livré. Retour sur un caprice à 176 millions d’euros.

176 millions d’euros, c’est ce qu’il en aura coûté pour satisfaire la mégalomanie et soigner les complexes du « problème » de la France.

176 millions d’euros, dont près de 90 millions consacrés à l’intérieur du futur avion présidentiel (détail des coût donné dans  un rapport parlementaire). Une vraie bonne affaire puisque le coût de fonctionnement des voyages présidentiels s’envole : de 4,1 millions d’euros pour 1 400 heures de vol par an pour les précédents appareilsà …10 millions d’euros par an pour une moyenne de 700 heures de vol pour la nouvelle merveille volante. La façon de Nicolas Sarkozy de participer à l’effort national de réduction des déficits.

Pas étonnant que l’Airbus présidentiel, devenu symbole du bling-bling présidentiel (voir le sketch des Guignols ci-dessous) ait déjà pas mal fait parler de lui avant même d’avoir réalisé son premier vol d’essai.

Nous eûmes tout d’abord droit à cette question fondamentale : l’avion présidentiel disposerait-il d’une baignoire sabot pour les ablutions du monarque ?

Cette baignoire sabot fut d’ailleurs à l’origine d’un incident symptomatique des relations de force entre les medias et le président. En effet, un journaliste de RTL fut ainsi contraint de s’excuser après avoir commis un reportage humoristique sur ladite baignoire, reportage vécu comme un crime de lèse-majesté en haut lieu. Un coup de force rarement vu sous la Ve République. Cette affaire fut jugée tellement sensible que c’est Franck Louvrier lui-même, conseiller en communication de son excellence, qui se chargea du sale boulot d’obtenir les excuses.

Il faudra désormais s’y faire : en France, quand on n’écoute pas les journalistes, on les somme de s’excuser. Encore un effort et nous rattraperons Poutine sur ce sujet.

Vinrent ensuite les rumeurs sur la présence à bord d’un four à pizza (sic), ou d’une cafetière à 25 000 euros.

Puis ce fut le tour des humoristes de se déchaîner sur le nouveau jouet qui allait permettre à Sarko de « faire » président. Les Guignols livrèrent un sketch assez réaliste (ci-dessous) où l’on voit Sarko en nouveau beauf bling-bling et Carla à bord d’Air Sarko One en route pour Dubaï dépassant Obama à bord, lui, d’Air Force One. Laurent Gerra sur RTL, à peine plus éloigné de la réalité, imagine quant à lui dans l’avion présidentiel des miroirs dans la chambre à coucher, une cheminée avec peaux de bêtes et …une valise Vuitton pour les codes nucléaires.

Décidément, on n’a pas fini de parler d’Air Sarko One…qu’il faudra songer à rebaptiser quand les français auront  renvoyé Sarko à Neuilly.

Enfin une vraie réussite de Sarko : l’image de la France à l’étranger kärcherisée

1 octobre 2010 Laisser un commentaire

Alors que la presse française oscille entre controverses parisiano-bruxelloises, réforme des retraites, procès d’un ancien président de la République, rebonds de l’affaire Bettencourt, élucubrations sans fin sur un prochain remaniement annoncé mais toujours pas  en vue, deux hebdomadaires anglo-saxons influents, l’un anglais, l’autre américain, titrent sur le président français, l’un sur son « rétrécissement » (comprendre « affaiblissement »), l’autre sur son « extrémisme ».

Le premier à tirer à boulets rouges sur notre Omniprésident est l’hebdomadaire The Economist. Libéral au sens historique du terme – économiquement à droite, plutôt « permissif » sur les questions de société (le mariage des homosexuels par exemple), il est devenu de facto la bible des soi-disant « décideurs ».

Le journal avait voté les yeux fermés Nicolas Sarkozy en 2007 – ce dernier a pour habitude de toujours prendre position pour un candidat à la veille d’élections dans des pays « majeurs » – arguant que ce dernier était le seul candidat à à présenter un programme crédible et à pouvoir réformer la France. Sur une couverture restée célèbre, l’hebdo avait même titré : « Ce dont la France a besoin », juxtaposant les deux silhouettes de Sarkozy et de Thatcher. Ce qui équivalait à une déclaration d’amour enflammée quand on connaît les positions de l’hebdomadaire.

L’amour ne dure que 3 ans, paraît-il. Cela semble être aussi vrai pour la relation entre la bible des patrons et le roitelet du bling-bling, qui reverrait d’être aussi riche qu’eux. Et l’hebdomadaire semble revenir de sa comparaison entre la Dame de Fer et l’Homme aux Talonnettes.

The incredible shrinking presidentAinsi, dans un numéro de début septembre, The Economist représente Sarko sous la forme d’un bicorne et de deux talonnettes, à côté d’une Carla rayonnante, toute de Dior vêtue, comme sortant d’un thé avec la Reine.

On notera le sens de la concision de nos voisins d’outre-Manche et leur humour tout « anglais ». Ici, mieux que dans un long discours, tout est dit : les dérives bonapartistes du président (le bicorne), la « réduction » de ce dernier et le sentiment que donne Sarko de ne plus « être à la hauteur », ou tout le moins tout juste à la hauteur de ses résultats déplorables dans les sondages, l’ego (le bicorne réminiscence de Bonaparte) atrophié, par rapport à ses réalisations (son corps), et enfin, Carla, notre first-Lady nationale, qui s’était mise en tête de conquérir l’Angleterre – ce que personne ne fit depuis des siècles ! – par ses  tenues, son style, ses formes.

Autant dire que si la France titra que Carla avait conquis un statut de Reine, les journaux anglais furent bien moins tendres avec notre mondaine intrigante, soulignant son arrivisme et se gaussant de ses dons de caméléon, qui lui permirent de se passser, du jour au lendemain, de mangeuse d’hommes en épouse fidèle, d’égérie de la Gauche Caviar en femme d’un des présidents flirtant le plus à droite de la Ve République.

Mais de ces calomnies, The Economist n’a cure, et recentre le débat sur les réalisations politiques de son mari. Et les articles (un éditorial et un article de fond) consacrés au président sont encore plus assassins que la couverture.

La première phrase de l’éditorial est cinglante :

Il semble que les ambitions réformatrices de Nicolas Sarkozy aient fondu avec ses scores dans les sondages.

Le reste est à l’amiable :

Au mieux, M. Sarkozy est un politicien exaltant, au pire, un opportuniste sans complexe qui tourne en fonction du vent.

Avec ses contradictions, difficile de savoir ce qu’il veut réellement, pour peu qu’il le sache lui-même.

Vient enfin un tableau apocalyptique de la société française, digne des pires Cassandre sécuritaires de l’UMP, signant selon l’hebdomadaire l’échec des réformes de Sarkozy :

Aucun gouvernement français n’a voté de budget à l’équilibre depuis 30 ans. Les jeunes restent sans  emploi, à cause de règles et de coûts excessifs qui freinent la création d’emplois par le secteur privé. Les banlieues, situées  à la à la périphérie des villes et majoritairement peuplées d’immigrés sont minées par le chômage, la violence et un désir de revanche. Les atouts qui ont protégé la France du pire de la récession se transforment maintenant en inconvénients  pour profiter pleinement de la reprise.

Sur l’image de la France plus spécifiquement, l’hebdomadaire a réitéré ses critiques dans un article intitulé : « La France contre le monde » (article original en anglais), notant les dommages collatéraux à l’image de la France qu’avaient occasionnés le virage sécuritaire et l’obsession anti-Roms de Nicolas Sarkozy cet été. Là encore, l’hebdomadaire ne mâche pas ces mots :

Cette semaine à l’Elysée, on était en mode « contrôle des dommages collatéraux », et l’on tentait de redonner du lustre à l’image du président, ternie après les violentes critiques suite à sa politique d’expulsions de Roms. Dans un discours solennel (à l’ONU), Nicolas Sarkozy a promis de faire plus pour la lutte contre le SIDA (…). Il s’est assuré d’une séance photo avec Angela Merkel après des échanges peu diplomatiques avec cette dernière à Bruxelles. Même Carla, sa femme, fut de l’offensive de charme, et joua sa partition au cours d’une interview sur CNN, en anglais.

L’article souligne ensuite la perte de prestige de la France sur la scène internationale, et les étranges priorités de Mr Sarkozy, semblant – à titre d’exemple – se préoccuper plus du sort des Roms que de la paix au Moyen-Orient.

L’article se conclut sur une sombre note, supputant que l’approche l’échéance de 2012 n’apportera certainement pas d’infléchissement de la politique sécuritaire du président, tout à sa tentative de captation de voix d’extrême-droite.

Dans la livraison à paraître la semaine prochaine, c’est Newsweek, autre hebdomadaire influent, cette fois-ci américain, qui illustre la montée de l’extrême-droite en Europe par un portrait de …Sarkozy, titrant sur « Sarkozy et la Droite dure ».
Moins subtils que nos amis anglais – privilège de la « Vieille Europe » ? Mais inquiétant sur ce que la politique de Sarkozy donne à voir de la France.

Nicolas Sarkozy extrême-droite Newsweek

Voilà, tout est dit. Un hebdomadaire titrant sur « un président raccourci », intitulant un article « la France contre le Monde » suite à la politique d’exclusion des Roms et la violente querelle lors du sommet des 27 à Bruxelles. Et une autre couverture d’un autre magazine  attribuant directement au président de la République française à la montée de l’extrême-droite en Europe…

Si Sarko n’a pas réussi à kärcheriser les banlieues (ni à tenir nombre de promesses électorales…), il est bien une chose qu’il ait réussi à kärcheriser, c’est l’image internationale de la France.

Un président rétréci, vous avez dit ? Maintenant, c’est le pays tout entier qui est rétréci, ou pour être plus clair, à la hauteur de son président.

Silence, Carla (re-)tourne…35 fois

31 juillet 2010 Laisser un commentaire

Hélas pour Sarko, il est beaucoup plus difficile de contrôler la presse étrangère que les medias français. La preuve, avec un article au vitriol, publié par le Daily Mail décrivant les médiocres prestations de Carla dans le dernier film de Woody Allen.

Carla Bruni Sarkozy Woody Allen

35, non, ce n’est pas l’âge du personnage joué par Carla dans le nouveau film de Woody Allen, « Midnight in Paris », c’est le nombre de fois qu’il a fallu à notre Première Italienne pour tourner une banale scène, sous les yeux amoureux de Chouchou, et le regard nettement moins compréhensif du célèbre réalisateur new-yorkais.

Mais qu’est-ce qui a donc pu troubler à ce point notre Carla nationale que l’on avait connue plus à l’aise devant des caméras ? La scène n’était pourtant pas des plus difficiles. II s’agissait en effet de montrer une tranche de vie d’une bobo parisienne. Ce qui vu par un Américain – fût-il-notre tant révéré Woody – consiste à mettre en scène une conservatrice de musée flânant Rive Gauche, of course – dans le quartier Mouffetard pour être exact – et ressortant d’une épicerie une baguette (!) à la main.

Aux dires du quotidien britannique, Carla s’est avérée incapable de ne pas fixer la caméra, retirant ainsi à la scène tout semblant de réalité. Et obligeant Woody et son équipe à multiplier les prises de vue.

Et le Daily Mail – repris par Slate.fr – de citer un témoin de la scène:

«Elle avait l’air d’avoir du mal à ne pas regarder droit vers la caméra, ce qui n’a pas vraiment fait bonne impression devant Woody Allen. Carla n’a visiblement qu’un rôle mineur dans le film, mais elle en a fait tout un plat. […] Woody Allen lui donnait des consignes sans arrêt, même faisait très attention à lui montrer beaucoup de respect, surtout qu’elle était entourée de gardes du corps.»

Notre Carla nationale, à force de passer son temps en représentation, ne serait-elle donc plus capable de ne pas fixer une caméra ou un objectif ? Aussi mineur soit-il, comme tient d’ailleurs à le souligner le quotidien anglais, décidemment peu soucieux de l’image de la Première Dame.

A moins que notre Première Dame soit aussi peu capable d’endosser son rôle de Parisienne-allant-chercher-son-pain-Rive-Gauche que Chouchou son rôle de Président ?

Images amateur de la désormais célèbre « Scène à la Baguette »

Affaire Bettencourt: et maintenant Carla ?

16 juillet 2010 Laisser un commentaire

On avait évoqué il y a quelques semaines le peu d’entrain que mettait notre Première Dame à honorer les bonnes causes portées par sa fondation. Toutefois, si il y a un domaine où la fondation de Carla s’illustre, c’est la collecte de fonds, à défaut d’action. Un don estimé à 500 000 euros de Lancôme semble particulièrement mal-venu en cette période de Bettencourtgate.

Fondation Carla Bruni-Sarkozy

L’information nous vient des journaux de la Perfide Albion, culturellement beaucoup plus enclins que les nôtres  à dénoncer les conflits d’intérêt.

Ainsi, Le Daily Telegraph (info reprise par Mediapart, encore eux !) révélait en avril de cette année que John Paulson – l’homme dont le hedge-fund est au coeur du procès du gouvernement américain contre Goldman Sachs – s’était engagé à faire un don de …500 000 euros tous les ans pendant 3 ans à la fondation de Mme Bruni-Sarkozy.

Don qui pose un tout petit problème par rapport au job du mari de Carla, qui bien que Président d’une puissance de second rang, a tout de même pris les engagements – aussi saugrenus fussent-ils –  de « moraliser le capitalisme », et de soutenir l’initiative de Barack Obama pour «dissuader les banques de spéculer pour elles-mêmes ou de financer des fonds spéculatifs».

Discours de Nicolas Sarkozy, à Davos

Si cette affaire n’était pas suffisante, un deuxième don à la fondation de Lady Carla tombe particulièrement mal en pleine affaire Bettencourt.

La fondation de Carla a en effet bénéficié d’un don estimé à 500 000 euros de la part de Lancôme. Or, il se trouve que la marque de luxe se trouve être l’une des plus rentables  de…L’Oréal, dont Mme Bettencourt est la 1ère actionnaire avec un peu plus de 30% des parts.

Ce financement est abordé dans un autre quotidien britannique, le Daily Mail qui note ironiquement: « il y aurait clairement un conflit d’intérêt s’il s’avérait que Mme Bettencourt (…) ait bénéficié sur le plan financier de ses liens avec la femme de Mr Sarkozy ».

Recevoir un chèque de 30 millions du fisc, au titre du bouclier fiscal, est-ce « bénéficier sur le plan financier de liens avec la femme de Mr Sarkozy ? », qui s’est fait le héraut de ce même bouclier fiscal ?

On attend impatiemment un rapport de l’IGF à ce sujet.

Le programme « Révélations » de la fondation Carla-Bruni Sarkozy,

en collaboration avec Lancôme

Sarko sur France2 : ce qu’il va nous dire

11 juillet 2010 2 commentaires

En avant-première, en direct du bureau de Claude Guéant, les propos (à peine romancés) de Sarkozy face à Pujadas.

Interview Sarkozy David Pujadas Affaire Woerth

David Pujadas : « Monsieur le Président, je vous remercie d’avoir répondu à notre invitation. Comme vous le savez, nous sommes au cœur d’une actualité brûlante et votre intervention a suscité beaucoup d’attentes ces jours derniers. »

Nicolas Sarkozy : « M’sieur Pujadas, ce qui m’intéresse ici ce soir, c’est pas d’commenter la rumeur, d’faire le jeu d’une certaine presse, une presse qui utilise des méthodes qui auraient dû disparaître, après les heures sombres de Vichy que l’on a connues en France. Non, c’qui m’intéresse, et ce pourquoi j’ai été élu, c’est les vrais problèmes des français : les retraites, la sécurité, la crise, la santé, l’éducation. C’est c’que j’ai dit cette semaine et que j’redis solennellement ici. Moi, j’suis un président du terrain, j’écoute les français. Ils souhaitent qu’on continue les réformes. »

David Pujadas : « Pensez-vous que suite à ces affaires, le Gouvernement soit encore en mesure de mener les réformes dont vous parlez, au premier lieu desquelles la réforme des retraites ? »

Nicolas Sarkozy : « M’sieur Pujadas, j’ai été élu pour réformer la France, après des années d’immobilisme. Rien ni personne m’empêchera d’continuer. Beaucoup a été fait, mais beaucoup reste encore à faire. C’est pour ça que j’me bats et que j’continuerai à me battre. La réforme des retraites est une occasion historique. C’est une réforme juste, Eric Woerth l’a menée admirablement. Il a tout mon soutien, et j’me battrai jusqu’au bout pour ne pas laisser passer cette chance. »

David Pujadas : « On a beaucoup critiqué l’injustice de cette réforme, notamment la non prise en compte de la pénibilité, le fait que les retraités ne contribuent pas à l’effort national et le maintien du bouclier fiscal ? »

Nicolas Sarkozy : « M’sieur Pujadas, il faut arrêter de se voiler la face et de céder aux arguments idéologiques, dénoués de fondement. Faut pas croire aux arguments du parti socialistes, c’est quand même eux qu’ont mené l’pays où il est aujourd’hui avec la retraite à 60 ans et les 35 heures. La pénibilité sera prise en compte au cours de l’examen qui sera fait de cette réforme. Je m’y engage solennellement, et j’mettrai la même énergie à tenir ma promesse qu’à Gandrange. Quant à la mise à contribution des retraités pour financer les retraites, croyez-vous vraiment que j’sois assez con pour taxer la seule partie de l’électorat qui me reste fidèle, après toutes les conneries qu’on a faites ? Même chose pour le bouclier fiscal, vous pensez que c’est qui qui financera la prochaine présidentielle ? Les ouvriers qui gagnent le SMIC ou les électeurs de Neuilly qui paient l’ISF ? »

David Pujadas : « Eric Woerth est-il encore capable de porter cette réforme des retraites, emblématique de votre quinquennat ? »

Nicolas Sarkozy : « J’connais pas d’ministre plus honnête qu’Eric Woerth. C’est l’honnêteté faite homme. J’vais quand même pas croire les premiers sites Internet qui viennent qui mettent en cause des ministres de mon gouvernement. On peut pas livrer aux chiens l’honneur d’un homme. R’gardez Bérégovoy et Salengro. Ca aurait dû servir de leçon aux socialistes. Et Woerth, moi j’en ai besoin pour 2012. Vous en connaissez beaucoup qui peuvent lever 7 millions d’euros de dons aux présidentielles ? Mois, pas. Et d’ailleurs, M’sieur Pujadas, j’vais vous faire part d’une nouvelle réforme. C’est Guéant qu’en a eu l’idée tout à l’heure, deux heures avant l’émission. C’est pas encore ficelé comme réforme, mais j’vous l’annonce quand même. On va mettre tout le web sous surveillance. On va créer une commission, dont les membres seront nommés parmi des adhérents de l’UMP. Mais a priori, c’que j’peux vous dire, c’est que siègeront à cette commission Frédéric Lefebvre, Nadine Morano, Brice Hortefeux, Isabelle et Patrick Balkany parmi d’autres. Cette commission aura pour mission de valider tout ce qui sera publié sur Internet. Si quelque chose n’est pas favorable au pouvoir en place, le contenu sera retiré. C’est aussi simple que ça. Et c’est un grand pas pour la liberté d’expression. »

David Pujadas : « La liberté d’expression ? »

Nicolas Sarkozy : « Oui, au moins, on n’aura qu’un seul message, clair et contrôlé. Ce s’ra beaucoup plus facile pour tout le monde. Et comme on contrôle déjà les radios et télés publiques et privées, c’est que la suite logique des choses. »

David Pujadas : « Ne serait-il pas mieux qu’Eric Woerth démissionne et prépare sa défense, laissant le gouvernement travailler ? »

Nicolas Sarkozy : « Ecoutez M’sieur Pujadas, j’suis déjà pas très crédible en Président d’la République, j’apprends la démission d’mes ministres en tombant sur leurs blogs. J’ai déjà deux démissions sur les bras, j’vais pas m’en coller une 3e une semaine plus tard. Nan, l’mieux, c’est d’attendre la rentrée, en espérant qu’ça s’calme. »

David Pujadas  : « Ne pensez-vous pas qu’il puisse y avoir conflit d’intérêt entre les fonctions de trésorier et celle de ministre du budget ? »

Nicolas Sarkozy : « Ecoutez, on a vu pire. Les diamants de Giscard, la deuxième famille de Mitterrand, les billets de Chirac. Et on voudrait m’faire croire qu’on est aussi incorruptible qu’aux Etats-Unis ? « Sarko l’Américain », c’est un slogan de campagne, c’est pas une ligne de conduite, faut pas confondre. »

David Pujadas  : « Ne voyez-vous pas un possible conflit d’intérêt entre les fonctions d’Eric Woerth, ministre du budget et celle de sa femme, qui gérait la fortune de Mme Bettencourt ? »

Nicolas Sarkozy : « M’sieur Pujadas, faut vivre avec son temps, les femmes de ministres, elles ont droit à avoir des carrières. La parité, c’est pas un vain mot. On peut quand même pas d’mander d’un côté de favoriser le travail des femmes et d’l’autre, les interdire de travailler quand elles sont femmes de ministre. Vous m’voyez expliquer à Woody Allen qu’Carla peut pas tourner dans son film passqu’y a risque d’conflit d’intérêt. C’est pas sérieux ! Faut vivre avec son temps. Bernie et les pièces jaunes, c’est fini ! »

David Pujadas  : « Avez-vous reçu de l’argent liquide des Bettencourt, comme l’affirme le site Mediapart ? »

Nicolas Sarkozy : « M’sieur Pujadas, faut pas tomber dans l’poujadisme. C’est mauvais pour ma campagne de 2012. Ca fait gagner des voix à Marine LePen et résultat, avec tous les centristes qui veulent se présenter, on va droit vers un 21 avril à l’envers. Martine pour 5 ans, c’est pas c’que les français veulent. Regarder c’que ça a donné avec Chirac. »

David Pujadas  : « Beaucoup s’insurgent contre le fait que les enquêtes soient  menées par Philippe Courroye, un magistrat hiérarchiquement soumis à l’exécutif et de plus un de vos amis. Qu’en pensez-vous ? »

Nicolas Sarkozy : « M’sieur Pujadas, si on peut plus faire juger des affaires qui dérangent par des amis, ça vaut pas la peine de faire campagne pour être élu. Vous savez, une campagne, c’est dur. Non, d’ailleurs, on a eu une idée avec MAM, on va faire réviser la constitution. On va rattacher la justice au ministère de la justice, et toute décision devra être approuvée par le ministre. C’est déjà comme ça aujourd’hui. Ca fait qu’officialiser c’qui s’fait déjà. C’est ça la République Irréprochable. »

David Pujadas  : « Comment jugez-vous l’attitude du Parti Socialiste dans cette affaire ? »

Nicolas Sarkozy : « Ils utilisent des ragots pour salir l’honneur d’un homme, et empêcher les réformes de s’faire. C’est pas une attitude responsable, ils servent pas la démocratie en agissant comme ça. »

Nic’ et Carla s’envoient en l’air pour 176 millions d’euros

27 juin 2010 2 commentaires

Vouloir jouer dans la cour des grands finit par coûter cher à la longue. C’est ce que l’on apprend dans la dernière livraison du Parisien qui détaille les coûts du futur avion présidentiel exigé par Sarko : 176 millions d’euros au total. Pulvérisés les derniers records des ministres Estrosi et Joyandet, qui petits joueurs, affrètent des jets privés mais arrivent péniblement à 170 000 euros chacun. Mais si l’on y réfléchit bien, quoi de plus naturel qu’un rapport de 1 à 1 000 entre ses ministres et notre Omniprésident ?

176 millions d’euros, c’est en cette période de rigueur qui n’ose dire son nom, le prix que coûtera au contribuable le dernier caprice « bling-bling » de Sarkozy, qui a exigé de disposer d’un nouvel avion présidentiel, les avions actuellement mis à disposition de l’Elysée ne permettant pas de rallier La Réunion ou Mayotte en une seule traite. L’injustice est réparée et pour cette modique somme, Carla pourra désormais emprunter un vol « Air Sarko » en cas d’enregistrement ou de tournage inopinés à LA…Victoires inestimables pour la musique et le 7e Art !

Que trouve-t-on, vous demanderez-vous, pour cette somme dans le nouveau palace volant des époux bling-bling ? Une soixantaine de fauteuils business , une grande salle de réunion, une chambre, une vraie douche présidentielle (au cas où il prendrait à Chouchou l’envie de faire un footing en vol), et enfin une mini-salle d’opération (en cas de malaise vagal). Côté technologie (fax, téléphone, ordinateur), on n’est plus à l’air du « mulot » et le dernier cri a été retenu pour les vols « Air Sarko » : les passagers auront notamment la possibilité de surfer sur le Net à 10000 m d’altitude. Enfin, en cas de passage au-dessus de pays de l’Axe du Mal particulièrement mal intentionnés ce jour-là, la carlingue a été renforcée et l’avion sera équipé d’un système de leurre antimissiles (mais cette mesure est-elle nécessaire, Sarko ressemblant si peu à un Président ?).

Les grincheux nous parlent de rigueur. Allons, bon, cessez ces plaintes stériles et revenez à la raison : n’est-il rien de trop beau quand il s’agit pour nos deux tourtereaux de s’envoyer en l’air ?

732 826 euros pour la Garden-Party de l’Elysée : on ne connaît pas la crise chez les Sarko-Bruni

8 juin 2010 1 commentaire

Visiblement, on ne connaît pas la crise chez les Sarko-Bruni : le coût de la Garden-Party de l’Elysée est passé de 419.213 euros en 2007 à 732.826 euros en 2009, le nombre d’invités passant lui dans le même temps de 5500 à 7500. En pleine crise, le règne des Sarko-Bruni a donc vu une augmentation de plus de 50% des invités et du budget total de la réception, le coût par personne s’établissant à 100 euros en 2009.

Il faut rendre à Sarko ce qui est à Sarko : s’il y a bien quelque chose qu’il a réussi depuis son arrivée sur le trône, c’est bien de faire exploser les coûts et le nombre d’invités de la Garden-Party.

Ces 732 826 euros se décomposent comme suit : 313 618 euros de traiteur, 295 921 euros d’aménagement de tentes, et 43 128 euros de vins et champagne.

C’est ce qui ressort d’un rapport du député René Dosière (PS) qui s’est fait une spécialité de disséquer les comptes de l’Elysée se félicite d’avoir accès aux coûts détaillés de l’évènement.

Maintenant que l’Elysée a montré qu’il pouvait communiquer les coûts détaillés, il ne reste plus qu’à faire le ménage dans toute cette gabegie… Surtout que pour 100 euros par personne, on peut tout à fait voir et être vu dans d’excellentes adresses parisiennes, sans mettre les Français à contribution.