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La diplomatie française à poil

26 février 2011 Laisser un commentaire

Et si l’image du jeune Boillon en slip de bain qui a fait le bonheur des internautes le week-end dernier n’était finalement qu’une excellente métaphore de l’état lamentable de la diplomatie française après 4 ans de sarkozysme ?

A poil. La photo de notre beau Boris en slip de bain apparaît avec le recul comme assez prémonitoire…Et si Boris, tout en abdos et torse huilé voulait nous faire passer le message suivant : « Et oui, la diplomatie française est à poil ! A poil, comme moi ! ».

Force est en effet de reconnaître que la politique étrangère française se trouve après 4 ans de sarkozysme dans un état lamentable, et que les épisodes des derniers mois réussiraient presque à faire passer Douste-Blazy – critiqué en son temps pour son peu d’expérience en la matière – pour un Kissinger français.

Mais un retour sur les épisodes précédents s’impose.

MAM : c’est elle par qui le scandale arrive. Pourtant, cette chiraquienne pur-jus droite sur ses hauts talons et éternellement drapée dans des pashminas couleur pastel  semblait – à défaut d’un quelconque génie – détenir le Graal après lequel les politiques courent : la capacité de durer. Ministre depuis 2002 sans discontinuer elle avait même été appelée pour nettoyer les Ecuries d’Augias du ministère de la Justice après le désastreux passage de la passionnaria  Dati, plus à l’aise dans les boutiques de l’Avenue Montaigne que dans ses bureaux Place Vendôme. Mission dont elle s’acquitta honorablement, il faut bien le reconnaître. Bref, la ministre au look de bonne bourgeoise sûre de ses prérogatives semblait respirer stabilité et longévité – à l’image du chêne, symbole de son micro-parti.

Tout ceci était sans compter sur la faille de MAM : sa fidélité en amitié. Fidélité d’autant plus solide que lorsqu’elle s’exerce envers des « spoliés » de régimes corrompus.

Alors, lorsque le régime sous lequel s’épanouit financièrement un ami de longue date de la famille semble sur le point de vaciller, MAM n’hésite à proposer, pashmina en bandoulière, le savoir-faire français à la police tunisienne pour «régler les situations sécuritaires». Premiers appels à démissionner de la part de députés de gauche médusés.

L’histoire aurait pu en rester là sans les révélations du Canard Enchaîné. On apprit plus tard que la ministre, et sa famille avait bénéficié lors de leurs vacances de fin d’année en Tunisie de l’hospitalité de l’ami de MAM, Aziz Miled, riche homme d’affaires tunisien associé au clan des Ben Ali – Trabelsi dans de nombreuses affaires, et dont les avoirs ont à ce titre été gelés par la Suisse.  MAM faisait donc encore plus fort que Woerth. Impériale, elle alliait au conflit d’intérêt (les largesses d’un homme d’affaires trouble envers un ministre d’Etat) l’incompétence, voire l’inconscience (le déplacement privé d’un ministre des affaires étrangères dans un pays ravagé par la guerre civile).

Mais là où le feuilleton MAM devait dépasser l’imagination, ce fut à l’annonce de la transaction immobilière qu’avaient réalisé les parents d’Alliot-Marie (92 et 94 ans au compteur respectivement – chez les Marie, le chantier de Sarko de la dépendance, ça fait doucement rire !) avec le même sulfureux ami tunisien de MAM. Sans aller jusqu’à supposer comme le laissait entendre le Canard Enchaîné que cette transaction particulièrement compliquée (l’investissement dans une SCI à l’étranger en grand secret) pût cacher un objectif non avoué d’évasion fiscale, on ne peut que rester qu’abasourdi devant l’inconscience de la ministre d’accepter d’être le témoin d’une telle opération.

La ministre tenta bien de se défendre, allant du mensonge lors de son interview au 20 Heures, à l’offense feinte (« On me salit », « Le plus triste, ce sont les conséquences pour mes pauvres parents » …). Hélas, force est de constater, au vu des derniers sondages, que les français n’ont pas plus acheté les boniments de MAM que ceux de Woerth en son temps.

Depuis, notre ministre est en sursis, persona non grata dans les voyages officiels dans les pays où justement la diplomatie française est en lambeaux.

Et il semblerait que suite aux derniers sondages désastreux, Nicolas Sarkozy, ayant finalement appris de l’affaire Woerth, ait décidé de se séparer de son encombrante ministre dès ce week-end. La seule question qui resterait encore en suspens serait le sor de Patrick Ollier, compagnon de MAM, tout autant compromis avec l’ancien régime tunisien que cette dernière, mais qui lui affiche en plus à son palmarès sa proximité affichée avec la Lybie du colonel Kadhafi…On le voit, les MAM sont devenus aux affaires étrangères ce que les Woerth étaient à L’Oréal et aux conflits d’intérêt en leur temps … En tout cas, ils qualifiaient amplement pour un rapide lâchage de la part du président.

Fillon, classe affaires sur Air Moubarak

Mais les boulets de Sarkozy dans le cadre de la politique étrangère ne s’arrêtent pas là : son premier ministre, lui-même, le soi-disant irréprochable Fillon a lui-même bénéficié des faveurs d’un dictateur déchu : il était (avec sa famille, histoire d’aggraver son cas) à Noël l’hôte de Moubarak, qui sut se montrer généreux envers notre premier ministre, puisqu’il lui paya transport (avion et bateau) et hébergement. Pas étonnant que Fillon se contente d’un laconique message soulignant la « courage » de Moubarak d’abandonner son poste, message qui en laissèrent plus d’un sans voix de la part du numéro 2 d’un pays qui se veut patrie des Droits de l’Homme.

Il est vrai que Sarkozy pouvait difficilement reprocher à son premier ministre une conduite qu’il fit sienne à plusieurs reprises : il fut en effet à deux reprises, en 2009 et 2010 à l’occasion de ses vacances de fin d’année (décidément, le Noël 2010 fut fatal à la « République Irréprochable » promise en 2007), l’hôte d’un autre grand démocrate et accapareur patenté des richesses nationales de son pays : le roi du Maroc, qui mit à disposition de Sarko et Carla un de ses palais à Marrakech…

Boillon, dégage !

Mais la Tunisie devait vite se rappeler au souvenir du président français d’une manière qui si elle n’était aussi pas pathétique pourrait faire rire.

Sarko fit en effet nommer dans ce pays, théâtre de compromissions diplomatico-immobilières qui sembleraient devoir valoir à MAM son poste, un de ses « Sarkoboys », Boris Boillon. A 41 ans, le jeune premier au physique à mi-chemin entre James Bond et un cover-boy de Têtu comptait entre autres à son actif la libération des infirmières bulgares et l’organisation de la pathétique visite du Kadhafi Circus à Paris. Le jeune homme, tout rempli de son importance et ne cachant pas son admiration pour son mentor, réussit à sa première rencontre avec des journalistes à en insulter deux, traitant leurs questions de « débiles » et assénant à des journalistes qui venaient juste de redécouvrir la liberté d’expression le très peu diplomatique :

N’essayez pas de me faire tomber sur des trucs débiles. Vous croyez que j’ai ce niveau niveau-là? Vous croyez que, moi, je suis dans la petite phrase débile?

 

 

On l’aura vu, Sarko pourra être fier de son élève : ce dernier a fait sienne la vision de la presse du président.

Sauf que les propos n’étaient pas proférés en France contre des journalistes tenus par le pouvoir, mais en Tunisie, pays qui gardait à l’esprit l’attitude de la France pendant leur révolution de jasmin ainsi que les virées de MAM. La réaction de la rue tunisienne, qui était venue à bout de bien plus coriace que du sarkophile ambassadeur bodybuildé, ne se fit pas attendre : des centaines de personnes défilèrent devant l’ambassade de France à Tunis, réclamant le départ du jeune roquet arabisant, aux cris de « Boillon, dégage ! » et autres « Casse-toi pauv’Boillon » – en référence à la très élégante et très peu diplomatique prose du maître à penser de notre jeune premier, si rapidement carbonisé.

 

 

Boillon réussissait donc une entrée fracassante dans l’histoire, par la petite porte il est vrai, comme premier ambassadeur à déclencher une manifestation contre sa propre personne et à devoir aller présenter ses excuses à la télévision. Ridicule accentué par le fait que ce jeune ambitieux se voulant le « premier ambassadeur 2.0 », laissait traîner une photo de lui – fort avantageuse au demeurant – en slip de bain sur le réseau … Les internautes et jusqu’à Marine le Pen se sont empressés de s’emparer du cliché, ajoutant le ridicule au déshonneur et finissant d’achever notre dynamique ambassadeur.

Après la diplomatie du Fouquet’s, celle du Marly

Mais la séquence ne serait complète sans une prise de hauteur et une analyse de fond sur l’état de la diplomatie française. Analyse offerte par une tribune de diplomates regroupés au sein d’un collectif dénommé « Marly » – du nom du restaurant où eurent lieu les premières réunions du groupe –  dans laquelle ces derniers tirent à boulet rouge sur la politique étrangère de Nicolas Sarkozy :

Notre politique étrangère est placée sous le signe de l’improvisation et d’impulsions successives, qui s’expliquent souvent par des considérations de politique intérieure. Qu’on ne s’étonne pas de nos échecs. Nous sommes à l’heure où des préfets se piquent de diplomatie, où les « plumes » conçoivent de grands desseins (…).

Improvisations, impulsivité, manque de cohérence : la politique étrangère de la France est défendue en flèche par ceux qui en sont pourtant les acteurs, ces derniers attribuant les échecs successifs aux conseillers de Sarko, les Guéant (« l’ancien préfet ») – Guaino (« la plume »). Ce dernier ainsi que la très discréditée MAM eurent beau répondre se fendant eux aussi d’une tribune dans le quotidien du soir, on eut beau organiser la réponse d’un autre collectif dans le Figaro – manœuvre un peu trop visible pour être convaincante –  rien n’y fit : le discrédit était là, des professionnels du métier confirmant ce que les français exprimaient de plus en plus nettement, au fur et à mesure des sondages.

A l’heure où ces lignes sont écrites se déroule un curieux manège : le débarquement de MAM est annoncé par toute la presse, Sarko, dans son squatt de la Lanterne – résidence volée au premier ministre – consulte et fait semblant de croire qu’il a encore le choix. Un dixième remaniement se prépare. Mais vu l’état du malade, il y a fort à parier que les Affaires Etrangères restent encore et pour longtemps fort étrangères à notre aspirant président.

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Tout ça pour ça

25 novembre 2010 Laisser un commentaire

Une montagne qui accouche d’une souris, voilà qui résume assez bien l’annonce de la composition du nouveau gouvernement, après  6 mois d’atermoiements de la part du président et d’épreuves de concours de beauté de la part des ministres.

Comme souvent chez Sarko, le remaniement fut annoncé à la va-vite, sans que ce dernier sache vraiment en quoi il allait consister. Mais qu’importe, l’objectif premier du président était comme souvent de faire de la comm’ et d’alléger la pression sur un ministre en charge d’une réforme majeure du quinquennat mais aussi empêtré dans des soupçons de conflits d’intérêt dans l’affaire Bettencourt (sans parler de certaines enveloppes Kraft échangées en 2007).

S’ensuivirent plusieurs mois assez pénibles d’immobilité gouvernementale et de concours de beauté et de danses des sept voiles de la part des ministres et premier-ministrables. Nous eûmes successivement Baroin et les jeunes quadras, MAM (dont la période de grâce fut aussi bref que le passage d’un Rafale), Borloo – que l’alcool aurait pu faire trébucher mais qui finalement fut victime de la pénurie d’essence lors des grèves, et ce malgré une nouvelle coupe de cheveux hautement médiatisée en guise de programme.

Résultat, 6 mois après l’effet d’annonce du président : le même premier-ministre accompagné de ses mêmes « poids-lourds » pour mener ce qu’on essaie de nous faire passer comme une « autre politique ».

Mais aussi des laissés pour compte : les centristes notamment, qui au grand dam de Sarkozy s’agitent pour exister indépendamment de l’UMP et pourraient bien être sources de problème en 2012.

Ce gouvernement marque aussi le grand retour en force du RPR, avec des pointures comme Juppé, MAM, Baroin. On s’étonnera au passage que personne en France ne se soit ému du retour aux affaires de Mr Juppé, condamné dans l’affaire des emplois fictifs du RPR. La République Irréprochable du candidat Sarkozy se révèle être une notion à géométrie de plus en plus variable au fur et à mesure que 2012 se rapproche.

Autre promesse du candidat tombée aux oubliettes : la discrimination positive. En effet, avec Fillon2, c’est deux gadgets de choix icônes de la discrimination positive que l’on sacrifie : Fadela Amara (dont la famille sera obligée de trouver un autre logement que l’appartement de fonction de cette dernière), et Rama Yade (qui va enfin pouvoir vivre son rêve d’être dans l’opposition et dire tout le mal qu’elle pense de la politique de Sarko).

En échange, Sarko nous gratifie de Jeannette Bougrab – déjà célèbre pour avoir tenté de doubler son salaire à la Halde. Jeannette, c’est l’illustration même de la doctrine Sarko de la récompense de l’excellence et du succès :  battue à plates coutures lors de l’élection législative dans la 18e circonscription de Paris malgré le soutien de personnalités comme David Douillet, Luc Ferry et Alexandre Adler, elle est ensuite nommée au départ de Louis Schweitzer présidente de la Halde, où elle réussit en moins de 7 mois à s’illustrer par le désordre qu’elle fit régner dans l’institution, et par le cinglant désaveu que lui opposa son propre service juridique dans l’affaire – très médiatisée – de la crèche Baby Loup.

On notera aussi d’un côté la disparition du ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale – le félon Besson filant à l’Economie se racheter une conduite – de l’autre le retour remarqué du regroupement familial, Sarko offrant dans sa grande générosité à MAM le plaisir de travailler à côté de son compagnon, Patrick Ollier. Une première en France et peut-être dans le monde dont on ne peut que questionner l’intérêt.

Hélas, ce gouvernement est loin de convaincre : 64 % des Français ne lui font « pas confiance » et 89 % pensent qu’il va poursuivre la politique qui a été menée depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à l’Élysée, en 2007.

Alors, vogue la galère, direction 2012 !

Fillon: la rigueur oui, sauf pour mes voyages

26 juillet 2010 Laisser un commentaire

Bien que destinataire de la lettre de Sarko sur la réduction du train de vie de l’Etat, le Premier Ministre ne semble pas prêt à s’appliquer à lui-même les restrictions demandées par le Président. Témoin son récent voyage à Nouméa.

Francois Fillon Noumea

Le voyage de Fillon à Nouméa et au Japon est surtout resté dans les mémoires par la reconnaissance par le Premier Ministre que la France allait bien devoir mener une politique de « rigueur ».

Or, tout en prêchant la « rigueur » et en endossant de façon éclatante cette politique, le Premier Ministre est loin de s’appliquer à lui-même ces recettes.

Sa sécurité notamment a coûté particulièrement cher. Qu’on en juge: 50 gendarmes mobiles ont été transportés de Tahiti à Nouméa sur un Airbus d’une compagnie privée, d’après Le Canard Enchaîné du 21 Juillet.

Soit un trajet aller-retour de 10 000 kilomètres, pour un prix de 250 000 euros, alors que Nouméa dispose de quatre escadrons de gendarmerie mobile, auxquels il faut ajouter les policiers et gendarmes « de base ».

L’ambiance au gouvernement serait-elle devenue si intenable que Fillon – prenant exemple sur certains de ses ministres – aurait décidé de tout tenter pour faire partie de la charrette annoncée d’Octobre ?

Y a-t-il (encore) un pilote dans l’avion ?

7 juillet 2010 Laisser un commentaire

Après les révélations de l’affaire Woerth, l’Elysée semble avoir de plus en plus de mal à reprendre le contrôle de la situation.

La déflagration produite par l’affaire Woerth a été si puissante qu’elle a tout balayé sur son passage : réforme des retraites, loi sur la burqa, mesure de réduction des déficits…Et l’Elysée ne semble plus en mesure d’imposer l’agenda médiatique au pays.

La réforme des retraites – qui devait être examinée en conseil des ministres mi-juillet – a ainsi été totalement éclipsée. Et plus aucun politique pour débattre des bienfaits réels ou supposés de l’allongement de la durée de travail ou la nécessaire prise en compte de la pénibilité.

De même pour la burqa, qui dans un autre contexte, eût été instrumentalisé par la majorité comme une preuve de sa lutte contre un soi-disant « islamisme rampant » prêt à conquérir la société française. Plus personne de se soucier de cette question.

Oubliées elles aussi, les mesures de réduction des déficits, pourtant exigées par les marchés financiers et que la majorité commençait à nous présenter comme inéluctables.

Face à cette déferlante, les ripostes de l’Elysée ont été jusque-là brouillonnes, trop tardives et inadaptées.

Comment ne pas voir l’effet dévastateur de la volonté de Nicolas Sarkozy de vouloir choisir la date du limogeage de ses ministres fautifs ? Et quel avantage – à part celui de maintenir l’illusion de pouvoir encore dicter sa volonté aux choses – à maintenir ces pauvres hères en sursis au gouvernement, privés de tout réel pouvoir pendant la période estivale ?

Comment croire qu’une circulaire bâclée, envoyée à un premier ministre réduit au simple rang de « collaborateur » puisse faire croire aux Français à une moralisation instantanée de la vie publique ?

Enfin, et le week-end dernier nous l’a prouvé, le président – à vouloir continuer à imposer ses échéances – a même réussi à faire exploser son propre gouvernement, avec la démission à son initiative – quoiqu’en dise l’Elysée – d’Alain Joyandet, qui s’est estimé trahi dans son honneur par les déclarations de Nicolas Sarkozy devant les députés UMP la semaine dernière. Le week-end dernier laisse d’ailleurs Nicolas Sarkozy dans une position encore plus inconfortable que s’il avait décidé d’avancer son remaniement : en effet, nul n’ignore que les deux partants seront inévitablement rejoints par d’autres…menant à deux remaniements au lieu d’un en l’espace de quelques mois.

En vérité, l’exécutif donne l’impression d’avoir perdu la main dans la tourmente et le pays de ressembler à un avion sans pilote.

L’affaire Woerth touche à un sujet explosif en France:  l’argent et ses liens avec le pouvoir et met en lumière la faillite du sarkozysme. En effet, le bouclier fiscal n’était acceptable pour la majorité des électeurs de Nicolas Sarkozy que si la promesse du « Travailler Plus pour Gagner Plus » était tenue. Mais à partir du moment où ce dernier engagement n’est pas respecté, et il ne l’est plus dans le contexte actuel de crise économique, de réduction des dépenses publiques et d’augmentation à venir de la pression fiscale, la politique de Nicolas Sarkozy apparaît comme ce qu’elle est vraiment : une politique de classe, visant à favoriser des clans proches du pouvoir.

Dans ce contexte-là, continuer à adopter l’attitude de la majorité face aux questions de l’opposition sur l’affaire Woerth – c’est-à-dire nier en bloc les accusations, traiter les questions par le mépris et feindre de croire que la soi-disant irréprochabilité de Mr Eric Woerth le place de facto au-dessus de toute question – ne fera qu’envenimer les choses. Ce mépris face aux questions posées s’avérant d’autant plus dangereux qu’il fait écho au mépris que ressentent les classes moyennes et populaires face à leur quotidien.

Il est plus que temps que l’exécutif se ressaisisse, prenne la mesure de la situation et en tire les conclusions qui s’imposent pour tenir l’engagement du candidat Sarkozy d’une « République Irréprochable ». Un « Je vous ai compris » gaullien en quelque sorte. Mais Nicolas Sarkozy en a-t-il la stature ?

Soutenez notre loi, la République soutiendra votre foi

29 juin 2010 Laisser un commentaire

C’est à peu-près le discours qu’a tenu François Fillon aux représentants de la communauté musulmane réunis pour l’inauguration d’une mosquée à Argenteuil ce lundi 28 juin.

Passant allégrement sur le fait que la France reste jusqu’à preuve du contraire un pays laïque, même sous le règne de Sarkozy, ce qui va à l’encontre de la présence d’un chef de gouvernement à l’inauguration d’un lieu de culte, le Premier Ministre a prononcé un discours « rassurant et apaisant » envers la communauté musulmane, échaudée ces derniers mois par les débats parfois violents sur l’identité nationale et le port du niqab.

Ce qui ressemble bizarrement à un échange de bons procédés : une attention particulière aux lieux de culte musulmans en échange d’un soutien à la loi contre le port du niqab, à quelques jours de l’ouverture du débat au Parlement. Le tout, dans une ville où Nicolas Sarkozy avait promis de « nettoyer la racaille » en 2005 et en l’absence remarquée de Brice Hortefeux, ministre des cultes et premier ministre de l’Histoire de la Vème République condamné pour injures racicstes (visant explicitement les « arabes » dans la bouche du ministre).

A souffler le froid et le chaud auprès de la communauté musulmane, s’en servant tantôt comme d’un repoussoir, tantôt comme d’un caution, la Droite joue là un jeu dangereux…Espérons que les électeurs s’y retrouvent. Nous, on est plutôt sceptiques.

Le fumeux Mr Blanc

25 juin 2010 2 commentaires

Autant son projet de Grand Paris brille-t-il par son retard à se concrétiser, autant pour ce qui est des polémiques, Christian Blanc s’affiche-t-il déjà comme l’un des meilleurs élèves du Gouvernement.

Résumons : il y a deux semaines, Le Canard révélait que Mr Blanc avait été sommé par le fisc de s’expliquer avant le 30 juillet sur ses diverses déclarations d’impôt sur le revenu et d’ISF de 2004 à 2009. Ceci s’avérait d’autant plus gênant que tous les membres du Gouvernement sont censés se mettre en règle avec le fisc au moment de leur nomination, ce que visiblement le Secrétaire d’Etat n’a pas jugé utile de faire.

Mais le plus savoureux était encore à venir : dans sa livraison suivante, Le Canard révélait que Christian Blanc s’était fait payer pour…12 000 euros de cigares par l’Etat. Désavoué par l’ensemble de la classe politique dont certains membres de son camp (Christine Lagarde et Xavier Bertrand), le Secrétaire d’Etat s’est alors enlisé dans une défense aussi grotesque que scabreuse : accusant son ex-Directeur de Cabinet tout d’abord d’être à l’origine des fuites (oubliant au passage que l’origine des fuites ne retire rien à la réalité des faits), puis d’avoir bénéficié lui aussi des cigares, enfin après de savants calculs sur sa consommation personnelle, acceptant de rembourser une partie de cette somme (4500 euros).

Las, on murmure que cette affaire a agacée jusqu’au plus petit d’entre tous. Et Fillon lui-même vient de désavouer son Secrétaire d’Etat, le mettant publiquement en demeure de rembourser l’intégralité des 12 000 euros.

Bref, il semblerait que les cigares ne réussissent pas à nos hommes d’Etat. Clinton faillit y laisser sa présidence, Christian Blanc risque bien d’y laisser sa place. Gageons que la perte sera moindre…

Brice Hortefeux : démission ?

6 juin 2010 3 commentaires

C’est une nouvelle qui va réjouir ceux qui ne croyaient plus à l’indépendance de la Justice dans notre pays, après la réforme Dati et les tentatives de suppression des juges d’instruction.

En effet, Brice Hortefeux vient d’être condamné pour injure raciale pour des propos tenus au sujet d’un jeune militant UMP d’origine arabe.

Si la peine encourue – 750 euros – reste faible et que cette décision peut encore être contestée en appel, ceci pose néanmoins la question du maintien en poste de Mr Hortefeux qui déclarait au sujet d’un préfet ayant tenu des propos racistes : « Je ne tolèrerai jamais que des propos racistes ou discriminants soient tenus dans notre pays, d’autant plus par un représentant de l’Etat, quel qu’il soit. Ces comportements sont indignes des valeurs de notre République. »

Le MRAP, à l’origine de la plainte, ainsi que le Mouvement des Jeunes Socialistes, ont immédiatement demandé la démission d’Hortefeux, soutenu de son côté par François Fillon qui lui a réitéré sa « confiance » et Xavier Bertrand. En attendant la décision en appel d’ici sept à huit mois, la démission du Ministre ne semble en tout cas pas à l’ordre du jour.

Peu glorieux pour le pays qui se veut celui des Droits de l’Homme, sauf si bien-sûr compter un Ministre d’Etat au Gouvernement condamné pour injure raciste n’est pas la dernière trouvaille de l’équipe Sarkozy pour draguer les voix du Front National…

Brice, tout dans la nuance